Paracha Vaéra : À propos de miracle


Un miracle, c’est quoi ?

Le récit des plaies d’Égypte dans cette section de la Tora me conduit à vous parler brièvement du concept du miracle.

Le miracle, par définition, c’est quelque chose qui échappe à l’ordre naturel des choses. Un peu comme l’insertion de l’irrationnel, dans la course mécanique et réglée de la nature.

Pour mieux comprendre, voyons un robot...

Un ingénieur en robotique observe “ sa créature” pleine de fils, bourrée de diodes et transistors. Il appuie sur la commande dissimulée dans l’amas de câbles et voilà que le robot se met à marcher. Le constructeur peut à tout moment l’arrêter. Il peut le faire aller à gauche, à droite, le faire tourner... Il l’a créé, doué de nombreuses options. Il en connaît le fonctionnement parfait.

Voilà maintenant longtemps que le robot fait ses pirouettes. Des observateurs remarquent qu’il semble fonctionner tout seul. Il tourne, tourne, sans s’arrêter. Ils finissent par imaginer que le robot peut finir par se débrouiller tout seul, et que peut être, personne ne l’a créé... Il est si parfait, tout est si bien organisé, calculé...

Voilà le constructeur !

Tout à coup, à la grande stupéfaction des observateurs, le constructeur fait irruption dans la pièce. Il décide d’arrêter momentanément la course du robot. Personne ne comprend. Alors il leur explique qu’il est bien le constructeur, car il est bien le seul qui pourrait arrêter la machine ...

Il leur dit aussi qu’il contrôlait le robot à tout moment, car le moindre déplacement du robot était contrôlé à distance. Il pouvait le faire aller là où il voulait, en donnant l’impression aux observateurs qu’il fonctionnait tout seul.

Hachem contrôle le monde. Les hommes l’oublient parfois (et même souvent). Il peut à tout moment arrêter la course régulière de la nature, et faire irruption dans notre vie. Alors, pourquoi n’y a-t-il pas plus de miracles ? Si le constructeur voit son robot cogner sans relâche contre un mur, pourquoi ne le fait-il pas tourner dans l’autre sens ?

Les miracles, ou éduquer le regard de l’homme

L’humanité est le partenaire d’Hachem dans la création. Hachem ne veut que le bien du monde. Pourquoi voudrait-Il détruire Sa création ? Si l’homme veut lui donner la main, Il l’amènera dans la lumière et la paix. Il lui montrera sa Grandeur : les miracles cachés, innombrables, du quotidien. Car comme l’explique Na’hmanide, la finalité des miracles de “gros calibre”, comme la sortie d’Égypte, c’est de croire aussi dans les miracles plus dissimulés.

Apprendre que si Hachem peut faire tout cela, c’est qu’Il est constamment présent, avec nous, pour nous secourir, si nous avons besoin de Lui. Mais si l’homme refuse, alors Il lui dit : « Débrouille-toi ! » Et malgré tout, Hachem, même pour cette personne, le comble de multiples bienfaits, car comment pourrait-elle exister sans Lui ?

Comme un Sage le disait : on peut être avec Hachem, on peut être contre Hachem, mais on ne peut pas être sans Hachem . Notre tâche consiste à tout reconnecter à sa source. Hachem a créé la nature, qui fonctionne en apparence de façon autonome, pour que nous fassions l’expérience du libre arbitre.

Croire, ou ne pas croire, telle est la question

Nous devons apprendre à voir l’intervention d’Hachem dans toutes les situations de notre vie. Sans rentrer dans aucune polémique, c’est loin d’être mon intention, je connais des personnes qui ont connu l’horreur des camps. Elles y étaient entrées croyantes. Elles y sont sorties croyantes.

Le degré ultime de la émouna, la foi, ne dépend pas des circonstances extérieures. J’aime mon Créateur, qu’Il me donne de l’eau, ou du vinaigre. Mon amour pour Lui ne doit pas dépendre de sa façon d’agir à notre égard. Il a ses Raisons, même si nous ne les comprenons pas du tout. Mais ne vous rebellez jamais ! D’autres, plein de foi en entrant, sont ressortis anéantis, athées. Le verset dans le passage des malédictions dit : “Tu deviendras fou devant le spectacle que verront tes yeux.” (Deut. 28,34). Il n’y a pas de mot pour décrire l’indicible.

L’homme se fait de l’ombre à lui-même

Hachem a endurci le coeur de Pharaon. Les Sages expliquent qu’Il lui a donné la possibilité de faire Téchouva. En voyant tous ces signes, tous ces miracles, son orgueil aurait pu céder. Mais une faute en entraîne une autre (Ben Zoma) et finalement, quand l’homme prend de mauvaises habitudes, elles finissent par devenir une seconde nature.

Plaie après plaie, il devenait de plus en plus difficile à Pharaon de faire marche arrière. Il finira par céder, frappé dans sa chair, par la mort de son fils premier-né futur héritier. Les épreuves de la vie peuvent elles aussi endurcir notre coeur. Et même quand la situation s’arrange, on persiste à voir le mauvais côté des choses.

Vois le bien et rien que le bien !

Nous devons nous efforcer, et c’est loin d’être toujours évident, de voir malgré tout un point positif. Point positif en l’autre. La femme, le conjoint, le voisin, le patron, l’étranger... Point positif dans l’événement ou la situation .

Garder espoir et rester optimiste quoiqu’il arrive.

Le mot de la fin : croyez fermement que des miracles vont se produire dans votre vie et ils finiront par arriver !


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Yits'haq ben 'Haya.