Paracha Miqetz - Rabbi Nathan de Breslev


“Après un intervalle de deux années, Pharaon eut un songe où il se voyait debout au bord du fleuve.” (Béréchith 41:1)

Dans son rêve, Pharaon vit sept vaches belles et grasses et sept vaches chétives et maigres. Les premières vaches belles et grasses correspondent aux années d'abondance matérielle, tandis que les deuxièmes vaches chétives et maigres correspondent aux années de famine et d'envie. Ces années de famine et d'envie sont une allusion au désir d'argent.

La personne qui est atteinte du désir d'argent, que D-ieu nous préserve, ressent toujours un manque. De fait, l'importance de ce manque augmente avec sa richesse et la quantité de biens qu'elle possède. Ceci est l'explication du rêve que fit Pharaon ; lorsqu'il aperçut dans son sommeil sept vaches belles et grasses, cela correspondait aux années d'abondance matérielle qu'une personne peut connaître.

Durant ces années d'abondance, la personne reçoit une richesse abondante du Ciel et elle devient réellement riche. Dans la mesure où cette personne n'est pas atteinte par le désir d'argent, ce qu'elle reçoit d'Hachem est entièrement bon et plaisant. Cependant, Pharaon vit également sept vaches chétives et maigres.

Une richesse inappréciée

Dans son rêve, Pharaon vit les vaches peu reluisantes dévorer les vaches belles et grasses. Les vaches chétives et maigres correspondent à la richesse que possède une personne atteinte par le désir d'argent. Peu importe la véritable richesse que détient cette personne, elle est constamment affamée et avide d'avaler, de dévorer et d'amasser toujours plus d'argent.

Cette envie d'accumulation dévore l'abondance et la véritable richesse qu'un individu a reçue de D-ieu et qui représente une richesse bonne et plaisante. En d'autres termes, la personne atteinte du désir d'argent n'est pas capable d'apprécier à sa juste valeur ce qui lui a été accordé par le Ciel.

Ceci est la règle fondamentale qui concerne les individus malades du désir d'argent : l'impression de manque qu'ils ressentent est directement liée à l'importance de ce qu'ils possèdent. Ceci correspond à ce qui est écrit (Avoth 2:7) : “Multiplier les biens, c'est multiplier les soucis”. Pour ces personnes, les soucis et les souffrances qu'elles vivent leur donnent l'impression de vivre dans une véritable pauvreté.

C'est le sens du verset (41:4) : “les vaches chétives et maigres dévorèrent les sept vaches belles et grasses.” Malgré la véritable richesse qu'un individu peut posséder, son sentiment de manque “dévore” l'argent qu'il détient. Alors, (41:21) : “les vaches chétives et maigres dans le corps des vaches belles et grasses, mais on ne se serait pas douté qu'elles y eussent passé : elles étaient chétives comme auparavant.”

Malgré l'importante quantité d'argent qui lui appartient, la personne malade du désir d'argent a l'impression d'être véritablement pauvre. Son désir d'argent a avalé l'intégralité de la richesse que le Ciel lui avait accordée ! C'est pour cela que son impression de vivre dans la pauvreté est proportionnellement liée à sa véritable richesse : plus ce qu'elle détient est important, plus le nombre de vaches chétives et maigres augmente. Partant, c'est dans la pauvreté absolue que pense vivre cette personne.

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Birkath Hamazone, Halakha 4:17)