Paracha Chémoth - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Chémoth - Rabbi Nathan de Breslev

Dédiée à la réfoua chéléma de David ben Louise, Albert avraham ben Esther, René Aharon ben ‘Haya, Léa bat ‘Hava, Rina Brakha bat Esther, Alice Aliza bat Maïssa et Israël Chalom ben Julie Rzala.

« Et voici les noms des enfants d’Israël qui sont venus en Egypte… » (Chémot 1:1)

Rabbi Nathan de Breslev enseigne :

Dans le récit de l’exil et de la délivrance, la Tora a commencé par les noms d’Israël qui sont "venus" en Égypte. Pour nous montrer que la force essentielle qui a permis de se maintenir en exil et d’en être libéré se situe au niveau des noms des douze enfants d’Israël  qui sont Réouven, Chimon, Lévy etc. Ils ont tous été appelés au nom de la joie d’Israël.

D-ieu décida que Yaakov et ses enfants qui étaient tous des justes, seraient les premiers à descendre en Égypte. De fait, leur sainteté exceptionnelle leur permettait de dévoiler la Présence divine, ce qui est l’essence de la vraie joie et de la vitalité, et elle leur permettrait de supporter l’amertume de l’exil sans s’y enfoncer.

L’amertume de l’exil provient essentiellement de la tristesse. Plus l’exil s’alourdit et plus la tristesse, qui correspond à l’exil de la Présence divine, empire. La conséquence en est un accroissement de la servitude matérielle. Et s’il en est ainsi d’où viendra notre secours ?

Le secours viendra précisément des justes authentiques, comme Yaakov et sa famille qui sont descendus en Égypte, car ils représentent les noms des enfants d’Israël. Et grâce à leur force et leurs prodigieux conseils ils dévoilent la présence de D-ieu et élèvent la royauté de l’exil. C’est l’essentiel de la délivrance sur laquelle il est dit "vous sortirez d’exil dans la joie" (Isaïe 55) » (Liqouté Halakhoth, Hoda, 6:57).

Lorsque la tristesse s’installe elle entraîne un alourdissement des contraintes matérielles et une servitude vis-à-vis du dieu parnassa, comme s’il pouvait nous libérer. Croire en lui revient à prendre de la drogue pour oublier qu’on est un junkee.

Lorsque la tristesse s’installe c’est parce que la présence de D-ieu est en exil derrière les barreaux de nos prisons mentales, c'est-à-dire nos angoisses, nos pressions et le manque de confiance en soi.

L’Égypte…

Mais parce que D-ieu ne désire pas de nos souffrances Il nous a donné la possibilité de nous attacher aux justes de la génération et à leurs prodigieux conseils. Ils peuvent nous apprendre à construire la vraie joie, celle qui entraîne la paix intérieure et avec les autres, la sérénité et la confiance en soi.

« Les enfants d’Israël soupirèrent à cause du dur labeur,  du sein de leur servitude ils crièrent et leur plainte monta vers D-ieu ».

Pour sortir d’Égypte il faut commencer par rapprocher de soi la Présence divine en commençant à prier, il faut parfois même crier. Ainsi Rabbi Na’hman enseigne que le meilleur conseil qui soit est de parler régulièrement à D-ieu, la parole est le vecteur par l’intermédiaire duquel la spiritualité peut se répandre dans le monde en général et dans notre monde en particulier.

Et si lorsque vous entendez ces mots, vous vous dites que ce n’est pas pour vous, que c’est impossible, puéril ou trop simple par rapport à des dévotions apparemment plus impressionnantes, c’est parce que pharaon a bien fait son travail.

PAR’O (pharaon) correspond aux lettres de PE RA’ (la bouche mauvaise, parce qu’elle est fermée). PESSA’H, le symbole de la délivrance correspond aux lettres de PE SA’H (la bouche qui parle).

Rabbi Na’hman affirme que parler à D-ieu régulièrement dans sa langue maternelle est la dévotion la plus élevée qui soit. D-ieu n’a pas de plus grand plaisir que de voir Son enfant Lui ouvrir la porte en Lui parlant. Telles deux personnes fâchées qui se réconcilient grâce au dialogue.

Et lorsqu’Il est là on n’a plus besoin de courir après de faux dieux ou de fausses joies.

On est heureux, on est libre.

Chabat Chalom

Rav Éliyahou Haviv

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de David ben Devorah .