Paracha Chémoth : en route vers l'espoir

HAGGADAH2 - משה בתיבה

Cette section de la Torah débute avec l’asservissement des enfants d’Israël en Égypte. Oppression d’un peuple sur un autre peuple, crainte irrationnelle de l’étranger qui se multiplie et dont on ne peut endiguer le flot démographique.

Crainte des lendemains incertains, « de peur qu’ils ne s’allient à nos ennemis et nous chassent du pays » (Ex. 1,10). L’homme est peut-être allé dans l’espace, mais il n’a pas encore conquis son espace intérieur...

Moïse vs Pharaon

Moïse, élevé à la cour de Pharaon, apprend ses origines et va vers ses frères, partager leurs souffrances.

À bien réfléchir, que manquait-il à Moïse dans les palais égyptiens ? Fils adoptif de la fille du souverain, on imagine aisément que rien ne lui était refusé. Pourtant, il décide de se mettre en danger (Pharaon cherchera même à le tuer ) pour secourir ses frères.

On voit ainsi se dessiner deux types de personnalité distinctes : d’un côté, Pharaon, prototype de tous les dirigeants accrochés au pouvoir, n’hésitant pas à sacrifier des populations entières sur l’autel de ses fantasmes et de l’autre, Moïse, prêt à perdre tous ses avantages et la gloire que l’Égypte aurait pu lui donner.

L’espoir est ailleurs

Pharaon se dit en hébreu : par’oh. Les mêmes lettres de ce nom forment les mots « po r’a »: ici, le mal.

Moïse, en hébreu Moshé, peut s’écrire et se lire : « cham-hé »: là bas (cham) - le , Hachem.

Et c’est tout l’espoir du monde.

Celui qui vit dans un esprit « restreint », vit dans « le ici » et il ne voit que le mal. Ce que j’appelle « mal », c’est l’absence de plaisir que je peux tirer de quelque chose. Si quelque chose ne me procure pas de plaisir, elle me fait « mal » et si mon désir n’est pas comblé, j’ai « mal ».

Souffrances, souffrances … et pourtant

On ne comprend guère pourquoi. On ne peut que constater, qu’ici, c’est le mal. Mais celui qui vit dans un esprit plus large, comprend que ce mal apparent s’inscrit dans un but plus vaste, le , projet d’Hachem pour Sa Création.

Espérer, se dit Kavé, qui peut se décomposer en Kav-Hé, la ligne du . Car il nous faut, en dépit des souffrances de la vie, suivre le . Garder espoir. S’arracher du « ici » pour aller vers « là-bas », vers le , vers l’espoir. Celui qui ne vit que dans le « ici », c’est Pharaon, qui peut aussi s’écrire ‘araph-Hé, c’est à dire décapiter le . Car, incapable de comprendre les réalités éprouvantes du moment, il s’enfonce dans le désespoir.

Moïse : l’homme de la délivrance

Moïse, lui, comprend que la souffrance fait partie du processus. Loin de remettre en cause la direction du monde, il va vers ses frères, leur apporter réconfort, chaleur,... et espoir. Arracher ses frères à la dure réalité du « ici », pour les amener vers « là-bas », vers la promesse. Celle de la Délivrance.

Délivrance d’Israël, délivrance de l’humanité toute entière, notre mission consiste à relever le car le , c’est aussi notre âme, en exil dans le « ici ». Nous pouvons y arriver en se rapprochant d’Hachem de différentes manières : étude de la Torah, prières, 'hessed, tsédaqa,... on se reconnecte à la Source et on renouvelle alors notre néchama, notre âme, en lui redonnant beaucoup d‘espoir.


Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de David ben Sara.