Lire les Téhilim (Psaumes) - 1:2


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“Mais son désir se trouve uniquement dans la Tora de l'Éternel et il médite sa Tora jour et nuit.” (Psaumes 1:2)

Nous avons appris du verset précédent l'importance de se séparer des personnes mauvaises et de celles qui peuvent avoir une mauvaise influence sur nous. Dès lors, on pourrait croire que nous avons rempli notre tache. Le Roi David nous informe que cela ne suffit pas et que nous devons avoir une attitude décisive dans le domaine de nos envies et de nos désirs.

De fait, chaque personne doit prier abondamment pour que “son désir se trouve dans la Tora.” Atteindre ce niveau n'est pas facile : le monde possède tellement de raisons pour nous éloigner du Divin ! Cependant, le plus important ne consiste pas à ne plus se sentir attirés pas la vie matérielle : qui peut réellement atteindre ce niveau ? Plutôt, l'essentiel est de vouloir nous en séparer – chaque jour un peu plus – et de demander à Hachem de nous aider à y parvenir.

S'éloigner du mauvais pour se rapprocher du bien

La séquence dans laquelle sont présentés les versets 1 et 2 n'est pas anodine. Le Roi David nous enseigne ici un principe fondamental dans notre Service divin : s'occuper des choses saintes (prier, étudier la Tora, faire de bonnes actions…) n'est pas suffisant. Il faut absolument que ces occupations élevées soient accompagnées par notre volonté de nous séparer en même temps des personnes, des choses et des lieux qui s'y opposent.

Ainsi, la personne qui désire véritablement se rapprocher de D-ieu et désirer la Tora doit commencer à faire attention à ses fréquentations, à surveiller ce qu'elle fait et à éviter les endroits malsains. C'est parce qu'elle aura commencé à s'éloigner du mal qu'elle pourra ressentir – un jour ou l'autre – un sentiment nouveau naître en elle : son désir pour les choses saintes, pour la prière, pour les bonnes actions…

De nombreuses traductions comprennent la deuxième partie du verset comme faisant référence à la Tora d'Hachem. Cela n'est pas exact. La première partie du verset nous apprend que chaque personne doit toujours étudier les passages de la Tora vers lesquels son cœur est attiré ('Avoda Zara 19a). L'attirance pour un sujet d'étude par rapport à un autre ne doit pas être perçu comme une imperfection de notre part. Au contraire, il s'agit d'un véritable signe du Ciel pour nous indiquer les domaines dans lesquels nous avons le plus de chance de rencontrer le succès dans nos études.

La seconde partie du verset nous enseigne que grâce à ce type d'étude, la Tora deviendra nôtre, c'est-à-dire qu'elle fera partie intégrante de notre personnalité et de notre façon de vivre. Il s'agit-là du but ultime de l'étude. C'est cette Tora que l'étudiant méditera “jour et nuit,” c'est-à-dire le plus souvent qu'il pourra. Cela se fera sans efforts particuliers, mais naturellement. Comme toutes les choses que nous désirons, nous n'avons pas besoin de nous forcer à y penser, leur existence ne quitte jamais notre esprit.

Nous apprenons également de la fin du verset que la Tora n'est pas seulement une matière que nous devons étudier et à laquelle nous pensons lorsque nous sommes face à un livre (de prières, de Guémara, de halakha, etc.). Plutôt, il s'agit de quelque chose qui ne nous quitte jamais et qui doit être l'outil que nous utilisons pour définir les nombreux choix que nous devons faire dans la vie.

En résumé : 1) Même si “désirer” la Tora et les choses saintes est un niveau extrêmement élevé de sainteté, il est possible de s'en rapprocher si l'on commence à s'éloigner des personnes et des choses qui s'y opposent. 2) Il est important d'étudier en priorité les sujets que nous aimons, sans pour autant délaisser entièrement les autres. 3) La Tora ne doit pas rester une matière extérieure à nous (un peu comme cela est le cas pour ce que nous étudions au lycée, à l'université). Plutôt, ce que nous apprenons doit devenir une partie intégrante de nous-mêmes.