Les animaux sont-ils intelligents ? (2)



Réponse à une question récente :

Les Sages du Talmud n'ont pas dit que les animaux ne possèdent pas d'intelligence ; plutôt, ils considèrent d'une façon implicite l'intelligence humaine supérieure à celle des animaux. S'il peut nous arriver de lire dans la littérature juive religieuse que “l'homme possède du sékhel (intelligence), ce qui n'est pas le cas des animaux”, cela ne doit pas être considéré d'une façon littérale. Ce que cela signifie, c'est qu'il existe une différence catégorique entre les êtres humains et les animaux.

L'âne de Rabbi Pin'has ben Yaïr serait resté inconnu si ces compatriotes aux grandes oreilles avaient également refusé de consommer de l'avoine sur lequel la dîme n'avait pas encore était prise. Également, l'âme de Rabbi 'Hanina ben Dossa ne serait pas devenu célèbre si ces amis à quatre pattes avaient refusé – comme lui – de manger ou de boire de la nourriture volée. Cependant, en dépit de l'intelligence peu commune de ces ânes qui appartenaient à des Tsadiqim, il ne semble pas qu'ils aient réussi l'examen d'entrée de leur yéchiva locale.

Les philosophes juifs – ainsi que les kabbalistes – définissent l'homme comme un “médaber”, une personne qui parle. En même temps, les Sages du Talmud savaient pertinemment que les animaux et les oiseaux possèdent une forme de langage. On dit du Roi Salomon qu'il comprenait ce langage. Rabbi Yo'hanan ben Zakaï comprenait même le “langage” des feuilles qui bruissaient dans le vent !

Vous avez certainement raison de dire que les animaux communiquent entre eux ; de plus, certaines espèces très avancées possèdent leur propre langage. Cependant, vous devez également admettre que ces systèmes de communication sont extrêmement moins sophistiqués que ceux des être humains. Nous devons enseigner aux perroquets et autres oiseaux de ce type les mots utilisés par les hommes. Il ne s'agit pas de leur manière naturelle de communiquer entre eux. Les sons complexes qu'émettent certains animaux ne sont pas l'équivalent du discours humain.

Le fait qu'une hiérarchie existe dans la Création et que la dignité – et la responsabilité – des êtres humains se tient en haut de l'échelle représente un aspect fondamental de la pensée juive. En même temps, le judaïsme place D-ieu au centre de toutes les choses. Ainsi, notre caractéristique la plus grande est que nous sommes créés à “l'image de D-ieu” (betselem Eloqim). Dans son ouvrage “Vision du Végétarisme et de la Paix”, le Rav Kook a écrit que nous n'existons pas afin de dominer les autres créatures, à l'image des tyrans. Plutôt, nous sommes sur terre dans le but de reconnaître et de nous “raccorder” à D-ieu. Ainsi, une tâche extraordinaire nous a été confiée par le Maître du monde : parfaire Sa Royauté sur terre, selon les directives de la Tora.

Nous n'avons pas besoin de repousser cette idée de hiérarchie à cause de la peur qu'elle puisse créer une exploitation non justifiée des animaux. De fait, en tant que juifs religieux, nous devons amener l'unité et l'harmonie au sein même de l'entière matrice de la vie. Nous pouvons faire cela grâce aux mitswoth que nous réalisons et à la compassion que la Tora instille en nous.

Si un juif se comporte d'une certaine façon qui viole les mitswoth – ou simplement qu'il reste insensible à l'esprit et à l'intention de la Tora – il a échoué dans sa tentative de comprendre sa mission dans la vie. Cela est le cas même si cette personne revêt son talith et ses téfilines chaque matin, qu'elle allume les lumières de Chabath chaque vendredi soir, qu'elle mange strictement kacher... Dans son commentaire sur la Tora (Lévitique 19:2), le Ramban a écrit que la Tora nous demande de faire des efforts pour atteindre la sainteté et que la personne qui ne prend pas cela à cœur peut facilement rester un “ménouval ” (une personne vulgaire et dépravée)… même si elle n'enfreint aucune loi de la Tora !