La maladie réparatrice


Si D-ieu est bon, pour quelle raison nous rend-Il malades ? En fin de compte, un D-ieu miséricordieux ne devrait-Il pas avoir pitié de Ses créatures et les maintenir toujours en bonne santé ? A-t-on déjà entendu parler d'une mère rendre malade son enfant pour son bien ?

L'interrogation est pertinente et le plus souvent, nous ne savons pas quoi y répondre. Pourtant, un peu de réflexion permet de comprendre que les comparaisons utilisées sont mauvaises et que le problème présente un défaut de logique.

Il existe un nombre infini de différences entre le monde physique et le monde spirituel. Même si notre relation avec D-ieu est présentée à maintes reprises dans la Tora comme celle qui existe entre un père et son fils, nous aurions tort de prendre cet exemple à la lettre et de croire que les deux situations sont en tous points semblables.

Les deux différences fondamentales qui existent entre ces deux situations s'expliquent, d'une part, par la nature parfaite de D-ieu – ce qu'un père ne possède pas – et d'autre part, par notre obligation de nous effacer entièrement devant la Volonté de divine, ce que ne doit pas faire forcément un enfant devant son père.

Sachant que D-ieu est parfait, selon un concept que l'entendement humain ne peut pas saisir complètement, nous devons être convaincus-es que tout ce qui vient de Lui est bon. Nous pouvons le comprendre quelques fois, même si le plus souvent nous devons nous servir de notre émouna (foi) pour en être persuadés-es.

D'autre part, sachant que nous devons nous effacer au plus haut point devant l'Autorité divine, nous ne pouvons pas prétendre jouer à jeu égal et jeter au Ciel notre désaccord. En ce domaine, nous avons tout intérêt à transformer notre incompréhension en une volonté de croire – avec une émouna totale – que tout ce qui vient du Ciel est bon, même et surtout lorsque nous n'en comprenons pas la nature.

Avec ces quelques données, nous pouvons tenter d'expliquer l'existence des maladies dans ce monde.

Entre matériel et spirituel

En bonne santé, nous commettons souvent l'erreur de croire que l'aide du Ciel n'est pas indispensable dans notre vie. Désirons-nous marcher ? Il suffit de se lever et de bouger les pieds. Désirons-nous parler ? Il suffi d'ouvrir la bouche et d'en faire sortir des sons. Désirons-nous quelque chose ? Il suffit d'avancer la main et de s'en saisir. Etc. Toutes ces situations nous poussent à croire que nous pouvons obtenir ce que nous voulons dans notre vie. Ceci est la situation exactement contraire au bitoul (annulation) dont nous faisions référence ci-dessus.

D'autre part, lorsque se lever pour aller chercher un verre d'eau relève du miracle ; lorsque lever la main est au-dessus de nos forces ; lorsque notre faiblesse physique nous empêche de prononcer le moindre mot, il ne nous reste plus qu'à nous tourner vers D-ieu afin de Lui demander Son aide, Sa miséricorde. Ceci est la situation exacte du bitoul (annulation) dont nous faisions référence ci-dessus.

Certes, nous ne devons pas prier pour être malades ! Savons-nous si nous aurions toujours l'intelligence d'oublier notre fierté et de faire appel au Maître du monde ? Pourtant, lorsque la maladie est présente – que D-ieu nous préserve – il ne faut pas manquer l'opportunité unique que nous envoie le Ciel pour admettre notre impuissance totale et demander l'Intervention divine pour tous nos besoins : un verre d'eau, lever une main, faire quelques pas…

''Maître du monde, garde-moi en bonne santé le plus longtemps possible. Cependant, si Tu décides de m'affaiblir physiquement, ouvre également mes yeux pour que je ne m'entête pas et que je fasse appel à Toi.''

Ce Dvar Tora est dédié à la guérison de Miriam bat Léa Georgette.