Croire en soi (1)


(Ceci est la première partie d'une leçon donnée par le Rav Éliyahou Godlevsky, chelita. Cet article est le quatrième d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Rabbi Na'hman a dit qu'il n'existait rien de plus grand que d'être avec lui le jour de Roch Hachana. Selon Rabbi Nathan, il n'y a rien de plus grand aux yeux d'Hachem que le Roch Hachana du Rabbi. Combien de remerciements à l'égard de D-ieu devons-nous exprimer pour avoir mérité d'être ici !

Cependant, nous savons également que Rabbi Na'hman a dit qu'il ne désirait que nous soyons comme les 'hassidim qui voyagent vers leur Rabbi et qui ne savent pas réellement pour quelle raison ils doivent s'y rendre, ni avec quoi ils retourneront chez eux. Par conséquent, nous devons obtenir une certaine connaissance de ce que nous sommes censés recevoir du Rabbi.

Savoir : ceci est la clé !

Analysons les mots de Rabbi Nathan dans le Liqouté Halakhoth, Hilkhoth Piqadon 5:7 ; afin de rédiger ce texte, Rabbi Nathan s'est inspiré de la leçon 61 du Liqouté Moharan qui fut enseignée par Rabbi Na'hman le jour de Roch Hachana.

Rabbi Nathan aborde le sujet de la confiance en nos 'Hakhamim – nos Sages et érudits – ainsi que la foi que nous devons avoir envers les vrais Tsadiqim. De plus, il ajoute qu'il est de la première importance de croire en nos propres amis, c'est-à-dire de pendre conscience que chaque personne possède un aspect positif et que par rapport à cet aspect positif, notre ami ressemble à un Tsadiq. Par conséquent, il est important d'avoir d'excellents amis afin d'être inspirés par leur aspects positifs.

Rabbi Nathan poursuit en écrivant qu'il existe une chose encore plus importante que de croire en le Tsadiq et en nos bons amis : croire en soi-même. « À plus forte raison, il est essentiel de croire que la plus petite chose que nous avons pu faire dans notre 'Avodath Hachem et notre étude de la Tora sont considérées avec un grand intérêt par Hachem

Ces mots peuvent nous surprendre. Il est certain que chaque personne peut s'interroger de la sorte : « Pour quelle raison dois-je croire en moi ? Je sais qui je suis, où je me trouve et ce qui se passe dans ma vie ! Pourquoi devrais-je croire en moi-même ?» Rabbi Nathan de répondre : « Une personne peut croire en Hachem, en les Tsadiqim et que ses amis sont tous des Tsadiqim ; cependant, si cette personne ne croit pas en elle-même – c'est-à-dire qu'elle ne pense pas que la foi qu'elle met en les vrais 'Hakhamim est considérée de la première importance par D-ieu, elle ne croit pas vraiment en nos Sages. D'une certaine façon, ce manque d'émouna est pire que toute autre chose.»

De nombreuses personnes sont atteintes par cette maladie. Ces personnes peuvent être des individus d'une grande valeur et elles ont même peut-être commencé à se rapprocher des Tsadiqim. Cependant, voici ce qu'elles ont souvent à l'esprit : « Mes amis sont certainement tous des Tsadiqim ; quant à moi, de quelle façon tout cela peut-il bien m'aider ? Je sais très bien ce qui ne va pas en moi ; je connais parfaitement les raisons de mes échecs.»

Les personnes qui pensent de la sorte courent le risque de s'éloigner de la foi en les Tsadiqim ; de plus, un grand nombre parmi elles finissent un jour ou l'autre par devenir de véritables opposants aux Tsadiqim ! Leur attitude finale est le résultat de leur mode de pensée. Ainsi, nous pouvons constater que la perte de leur émouna en les 'Hakhamim a commencé par le manque qu'elles avaient en elles-mêmes.

Nous apprenons de cela que croire en soi-même est de la première importance. Lorsque nous croyons en nous-mêmes, nous pouvons mériter tout ce que nous désirons.

Cependant, la réalité ne peut pas être ignorée. Ainsi, une personne peut – par exemple – étudier un ouvrage de moussar (d'éthique) ou être allée à un cours de Tora. Dans la mesure où cette personne possède une âme juive, elle se sent liée à Hachem et donc inspirée par ce qu'elle a lu ou entendu. Immédiatement, cette personne décide de se prendre en main et de devenir un véritable Tsadiq en un clin d’œil.

Nous avons déjà tous vécu ce type de situations. Il nous arrive souvent d'être inspirés et motivés par de grandes idées. La conséquence de cet état nouveau est de nous pousser à décider en quelques secondes de nous séparer entièrement de ce monde matériel et de ressembler peu ou prou à des anges ! Cependant, lorsqu'il s'agit de faire passer ces merveilleuses intentions dans le domaine du concret, nous échouons le plus souvent seulement cinq minutes après la fin du cours ou du livre que nous avons lu. Certains individus plus résistants tombent après un jour ou deux et les personnes les plus fortes tiennent une ou deux semaines.

Cependant, pour la majorité d'entre nous, l'intérêt que peut susciter l'écoute d'un cours de Tora ou la lecture d'un livre dure seulement... le temps de l'écoute ou de la lecture ! Après le cours, lorsque nous sommes déjà sur le chemin du retour, nous nous énervons à propos du premier prétexte – ou nous faisons n'importe quel autre faux pas – et nous sommes retournés immédiatement à la case départ : celle d'avant le cours. En un clin d’œil, nous sommes redevenus la même personne avec les mêmes mauvais traits de caractère, les mêmes mauvaises habitudes, les mêmes mauvaise pensées...

La personne merveilleuse qui avait assisté à la leçon de Tora est partie ; elle a tout simplement disparue. Quand la rencontrerons-nous de nouveau ? Quand nous réveillerons-nous une nouvelle fois ? Peut-être demain ; peut-être au prochain cours... Et qu'arrivera-t-il alors ? Dans ce cas également resterons-nous réellement une autre personne seulement quelques secondes ou quelques minutes ?

C'est alors que notre héros du jour parvient à la conclusion évidente : il existe dans le monde deux types de personnes. Le premier type est celui des personnes extraordinaires qui sont sans doute nées dans un autre monde que le sien ; ce sont bien sûr ces personnes qui parviennent à devenir des Tsadiqim. D'autre part, il existe le reste de Qlal Israël (du peuple juif), dans lequel – bien sûr – il s'inclut. Pour cet individu, il s'agit d'un fait indéniable et d'une situation qui n'est pas prête à changer du jour au lendemain.

Rav Éliyahou Godlevsky, chelita

À suivre...