Bnei Noa'h : les pour et contre d'une conversion (1)


(Yann Caro - lui-même un Ben Noa'h - a eu la gentillesse de partager avec nous ses réflexions à propos d'une éventuelle conversion au judaïsme. Dans ce premier article, il présente les arguments favorables à cette conversion. Dans un second, il présentera les arguments défavorables.)

Bnei Noa’h : ce qui peut conduire à une conversion

Le judaïsme ne prône pas la conversion afin d’empêcher toute décision irréfléchie qui engagerait des obligations nombreuses et définitives.

Celui qui parvient à « adhérer à la Tora » possède donc une foi en D-ieu élevée qui le rend à même de comprendre ces difficultés.

Ainsi Ruth, bien que découragée et incomprise, reste aux côtés de Naomi non en raison de ses sentiments mais parce qu’elle sait que vérité et bénédiction ne peuvent être issues que du D-ieu unique d’Israël.

Une attitude semblable à l’égard des candidats à la conversion, alliée à un respect pour les non-juifs suivant une voie juste, n’a cessé d’être prônée par les sages de la Tora… ce qui aura toujours été un bien.

Il suffit de se rappeler les actes qui ont accompagné ou accompagnent les tentations des églises et de l’islam d’imposer une religion uniformisée… et de permettre à certains d’exercer sans mesure le pouvoir correspondant. De même, les communautés juives médiévales, qui devaient fréquemment faire face à une majorité hostile, pouvaient souffrir d’une conversion demandée en leur sens.

Mon expérience m’a cependant amené à comprendre pourquoi d’autres non-juifs, qui pouvaient en tant que tels contribuer à l’avenir de l’humanité en honorant les Sept lois noa’hides, rejoignaient finalement le Klal Israël.

La capacité à percevoir la vérité de la Tora est ce qui unit, outre le respect des lois qu’elle leur impose, Juifs religieux et Bnei Noa’h.

Cependant, ce qui différenciera le converti pourra être, outre une affection sincère envers le Peuple juif et l’amour de l’étude, la possibilité réelle d’observer 613 Mitswoth.

La situation d’un Ben Noa’h peut en effet être vécue douloureusement : incompréhension de son entourage, propos manichéens concernant les origines, sentiment d’être « étranger » à des préoccupations plus superficielles, même valorisées culturellement…

Nous vivons une époque presque universellement permissive, au sens où beaucoup envisagent le développement des sciences et des techniques comme un simple moyen pour accéder à l’absence de limitations morales des « élites » du passé… ce qui ne peut faire de leur mode de vie également qu’une source de souffrances et d’indignité.

Or, en l’absence de suivi par un rabbin ou de liens avec d’autres Noa’hides, l’abandon de tout espoir de conversion ne comporte-t-il pas le risque de s'éloigner progressivement de D-ieu au point d'enfreindre certaines des Sept lois ?

Sans aller évidemment jusqu’au vol ou à des actes inhumains, quelles barrières subsistent-elles, dans un milieu athée (ou divers religieusement), contre l'adultère ou la participation à une cérémonie ayant une connotation idolâtre ?

Il peut s’avérer plus difficile ou moins important pour une personne cachant sa spiritualité de se justifier.

Mais D-ieu peut aussi rester présent, le respect que l’on s’accorde finissant alors par s’imposer autour de soi. C’est à ce niveau que se rejoignent Juifs et Bnei Noa’h qui ont renforcé leur émouna (foi).