Paracha Vayéchev - Rabbi Nathan de Breslev


Ya'aqov demeura dans le pays des pérégrinations de son père, dans le pays de Canaan.” (Béréchith 37:1)

Les Sages du Midrach ont déduit de ce verset que Ya'aqov avait l'habitude de convertir les personnes de son entourage. [Ya'aqov vivant avant le don de la Tora, nous devons dire que la conversion dont il est question est celle qui permettait aux individus de devenir des Bnei Noa'h, c'est-à-dire qu'ils s'engageaient à respecter les sept mitswoth qu'Hachem a données à l'humanité, avant qu'Il ne donne un nombre plus important de commandements au peuple juif.]

Ceci correspond à ce qui est écrit (idem. 37:2) : “Voici l'histoire de la descendance de Ya'aqov : Yossef.” Le fait que le nom de Ya'aqov soit immédiatement suivi par celui de Yossef nous apprend que Yossef suivait les pas de son père Ya'aqov en se comportant de la même façon.

Ainsi, de la même manière que Yossef était engagé dans la conversion des personnes non juives, son fils Ya'aqov en faisait de même : ils convertissait les personnes afin de rapprocher d'Hachem les âmes qui en étaient auparavant éloignées. De fait, tout ce qui arriva à Ya'aqov durant sa vie, arriva également à Yossef.

La véritable sagesse

Si Ya'aqov s'occupait de convertir les personnes, c'est qu'il possédait une grande sagesse. Posséder une grande sagesse signifie savoir utiliser des concepts chargés d'une spiritualité extrêmement élevée et les faire comprendre d'une façon très simple aux autres personnes d'un niveau spirituel inférieur. Grâce à ce savoir transmis à de nombreuses âmes, celles-ci sont capables de trouver leur propre chemin du rapprochement avec le Divin.

Yossef le Tsadiq, le fils de Ya'aqov, agissait de la même façon en utilisant également sa grande sagesse afin d'amener plus près des individus des idées complexes et difficiles à comprendre. Ceci était son occupation constante. Cela était possible car Ya'aqov avait transmis à son fils toute sa sagesse.

Il est important de savoir que l'essence de la sagesse consiste à amener au plus grand nombre dans ce monde le Savoir saint, c'est-à-dire la prise de conscience que D-ieu existe et qu'Il est le dirigeant suprême de l'univers. Il est fait allusion à cela dans la suite du verset précédemment cité : “Yossef était âgé de dix-sept ans et menait paître les brebis avec ses frères. Passant son enfance avec les fils de Bilha et ceux de Zilpa, épouses de son père”

Lorsqu'il est écrit que Yossef “menait paître les brebis,” cela fait référence à son rôle de leader de sa génération qui correspond au “berger” qui mène ses “brebis.”

D'autre part, lorsqu'il est écrit que Yossef “était âgé de dix-sept ans,” cela est une allusion au rôle entièrement positif et bon que Yossef eut à son époque. De fait, la guématria (valeur numérique) de “dix-sept” est identique à celle de “bon”, lorsque ces mots sont écrits en hébreu biblique.

C'est précisément parce que Yossef eut un rôle totalement positif et bon qu'il fut capable de rapprocher toutes les personnes qu'il rencontrait. Même chez la pire des personnes, Yossef pouvait trouver un aspect positif. C'est en mettant cet aspect positif en relief, qu'il parvenait à rapprocher toutes les personnes d'Hachem.

Enfin, lorsqu'il est écrit que Yossef “passait son enfance avec les fils de Bilha et ceux de Zilpa, épouses de son père,” cela signifie que Yossef n'hésitait pas à fréquenter les personnes d'un statut social et spirituel inférieur au sien. S'il rendait accessible sa grande sagesse au commun des mortels, c'était dans le but de les rapprocher de D-ieu.

(Traduit du Liqouté Halkhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Hachkamath Haboqer, Halakha 4:16)