On est nazir ou on ne l'est pas ! (1)


Il y a quelques semaines, nous avons cité un extrait du Liqouté Moharan de Rabbi Na'hman dans lequel il était écrit que “certaines personnes sont tombées dans un sommeil [spirituel] à cause de leurs désirs et de leurs mauvaises actions.” (I, 60). Nous avons expliqué cela en disant que désirer le matériel n'est pas comparable à en avoir besoin. Si nous devons tous posséder un lit (pour y dormir), une maison (pour y loger), une cuisine remplie de victuailles (pour manger)... cela ne doit pas devenir une source importante de plaisirs.

Plus nous prenons plaisir aux choses matérielles, moins nous aimons D-ieu. Si ce plaisir est trop important, il peut même nous amener à transgresser la Volonté divine. Par exemple : une personne qui désire absolument boire un vin spécifique, ne pourra pas accepter de ne pas le boire parce que ce vin n'est pas kacher.

Ainsi sont liés les désirs ardents et les mauvaises actions, ou transgressions. Plus nous accordons de l'importance aux premiers, plus nous risquons le risque de commettre les secondes. L'idéal est de nous réveiller de ce sommeil spirituel et de prendre conscience que la source principale de notre plaisir et de notre vitalité se trouve en Hachem et uniquement en Lui.

Trop, c'est trop !

En réponse à ce commentaire, nous avons reçu la lettre suivante :

« David-Yits'haq, cela est trop dur ! Franchement, je ne sais pas quoi penser de ce texte. Cela n'est pas la première fois que je lis ce genre de texte ; cela me parait hors nature. En même temps, j'admets qu'il ne faut pas se comporter comme des animaux et réagir avec un instinct animal on est bien d'accord. Cependant, d'un autre côté, Hachem ne veut pas non plus nous transformer en nazirim (moines). Nous avons un esprit et un corps avec ses bonnes et mauvaises midot (traits de caractère) et tout cela doit fonctionner en équilibre parfait.

Être nazir c'est un comportement qui s'adapte très peu a nos vies d'aujourd'hui. Le bitoul total (l'annulation de soi) – à notre niveau – est quasiment impossible et peu réalisable ; est-ce que je me trompe ? Je pense qu'il faut prôner l'équilibre du corps et de l'esprit pour être à même de voir la lumière d'Hachem ! Tout ce qui est excessif est à rediscuter, sous tous les angles.

Nous devons améliorer nos midot c'est clair, mais prendre l'exemple du bitoul total c'est comme si l'on disait à une personne de sauter de l'autre côté d'une rive large de 200 mètres ! Qui en est capable ? Certainement le Ba'al Chem Tov, mais nous ? Non franchement, cela est trop loin de la réalité !

Ne faut-il pas mieux prendre le problème autrement ? Se placer à un autre niveau ? De fait, faire le nazir et ne pas répondre aux personnes agressives, cela fonctionne des fois et des fois on s'en prend encore plus sur la tête. Je ne parle même pas des personnes qui en veulent à la peau d'une autre personne ! Ne vaut-il mieux pas avoir une vraie conversation avec quelqu'un ou du moins faire de son mieux pour entamer une vraie conversation pour percer l’abcès ou bien – si cela est impossible – trouver matière à discussion et dans ce cas, se battre alors jusqu'au bout ?

Expliquer à une personne qu'il y a certaines limites à ne pas franchir, c'est aussi lui montrer les valeurs auxquelles nous sommes attachés. Cependant, si je ferme les yeux et je baisse la tête, en quelque sorte, je ne fais plus partie du monde dans lequel nous vivons tous et cela n'est pas une solution ; plutôt, c'est une fuite vers un autre monde : celui du nazir ! Et cela ne résout pas le problème à long terme.

Le Ben ou la Bat Israël – au contraire – doit montrer et prôner ses valeurs et peu importe si cela déplait à d'autres ! Tant que cela reste dans le cadre des valeurs d'Hachem ! Voilà ce que je pense, mais j'ai surement tort car qui suis-je moi pour pouvoir avoir le culot de penser quelque chose ? On est Nazir ou on ne l'est pas !» (Esther Taieb, France)

Ma réponse sera donnée dans quelques jours, avec l'aide de D-ieu.