Lire les Téhilim (Psaumes) 9:1

Praying to the stone

“Au chef des chantres. À propos de la mort de Laben. Psaumes de David.” (Psaumes 9:1)

Dans le livre de Samuel (livre 2, chapitre 12) est racontée l'histoire de la maladie soudaine – et de la mort – du fils du Roi David : Laben. Existe-t-il un événement qui puisse sembler plus anormal qu'un parent qui enterre un de ses enfants ? Existe-t-il une peine plus grande pour un père ou pour une mère que la disparition de sa progéniture ? Pourtant, David trouva la force de trouver une raison de se réjouir dans cette épreuve qu'aucun individu ne souhaite connaître. Le résultat de cette prouesse sont les versets de ce neuvième chapitre des Psaumes (Alshich.)

Voici ce qui nous sépare des êtres exceptionnellement grands : dans les pires difficultés, ils parviennent tout de même à déceler le bien et l'aspect positif qu'elles incluent. De la sorte, les raisons de remercier et de louer le Créateur sont infinies. Même si une telle attitude peut nous sembler hors d'atteinte, nous devons nous en inspirer afin de mieux faire face à nos propres défis et challenges.

Vaincre le malheur et le désespoir

Le fils que le Roi David avait eu de Bethsabée tomba soudainement gravement malade. David fit tout ce qu'il put pour le sauver ; ses prières dépassèrent ce qu'une personne peut normalement accomplir. Tellement forts semblaient sa peine et son désespoir d'être le témoin de la guérison de son fils que l'entourage du roi commença à s'inquiéter pour sa vie même. Malgré tout, après sept jours d'agonie, l'enfant mourut. Les serviteurs du roi ne savaient pas comment ils pourraient annoncer cette terrible nouvelle à leur maître.

Pourtant, lorsque celui-ci l'apprit, il « se releva de terre, prit un bain, se parfuma et changea de vêtements (…) ; il rentra chez lui et demanda qu'on lui servit un repas » (Samuel, 2, 12:20). Devant ce comportement qu'ils jugeaient pour le moins léger, les serviteurs interrogèrent David : « Que signifie cette conduite ? (…) Pour l'enfant vivant tu as jeûné et pleuré et maintenant qu'il est mort tu te relèves et prends de la nourriture ! » En d'autres termes, l'entourage du roi se demandait de quelle façon il était possible de passer en aussi peu de temps d'un état léthargique à celui habituel de la vie de chaque jour.

La réponse du Roi David fut simple : « Alors que l'enfant vivait, j'ai jeûné et pleuré car je pensais : Qui sait ? Le Seigneur pourra me faire la grâce de laisser vivre cet enfant. Maintenant qu'il est mort, pourquoi jeûnerais-je ? Puis-je le faire revivre ? J'irai le rejoindre, mais lui ne reviendra pas près de moi.» Ceci avait le mérite de la franchise : aussi longtemps qu'un espoir existe, nous ne devons ménager aucun effort. Pour autant, lorsqu'un décret céleste a été appliqué, c'est de tout cœur que nous devons accepter la décision.

Ce niveau d'émouna (foi) était celui de David. Personnage exceptionnel, le doux chanteur d'Israël savait que tout est positif dans ce monde et que D-ieu ne peut pas souhaiter – et encore moins envoyer – le mal pour Ses créatures. Ne plus différencier entre ce que l'homme commun appelle le bien et le mal n'est pas à la portée de tout le monde. Cependant, nous devons prier et souhaiter nous rapprocher de ce niveau, chacun d'entre nous en tenant compte du niveau où il se situe actuellement.

Grâce à D-ieu, la vie n'est pas faite que de tragédies. Ainsi, ce sont les ennuis du quotidien que nous devons le plus souvent tenter de changer en évènements positifs. Afin d'y parvenir, la démarche est connue : nous devons avant tout prier afin de demander l'aide du Ciel. En son absence, nous n'arriverons à rien. Ensuite, nous devons faire les efforts sincères et importants pour modifier notre façon de voir la vie. Aussi souvent que possible, nous devons nous souvenir de ce principe absolu : tout est bon dans ce monde et c'est seulement notre intelligence qui est limitée.

Si nous sommes mis devant un événement positif : louons et remercions Hachem ! Dans le cas contraire, appuyons-nous sur l'émouna pour rester persuadés que la conclusion sera positive, même si cela semble difficile à comprendre.

À suivre...