Interpréter un silence


Imaginez la scène : vous recevez un couple d'amis pour un repas amical. Au cours de la discussion, l'invité demande au maître de maison : “Pouvons-nous compter sur votre visite la semaine prochaine ?” Et le maître de maison de répondre : “Certainement; ma femme et moi serons ravis d'être vos invités.”

Plus tard dans la soirée – lorsque les invités sont partis – le mari demande à sa femme : “Cela te fait-il plaisir d'aller chez nos invités la semaine prochaine ?” Et la femme de répondre : “Je n'ai jamais dit que j'approuvais ta réponse. Pour moi cela est clair : je n'ai nullement l'intention d'y aller.” Le mari exprime alors sa surprise en rappelant à sa femme qu'elle était restée silencieuse lorsqu'il a approuvé la visite proposée.

Un pas en avant ou en arrière ?

Un silence doit-il être considéré comme une approbation ou comme un refus ? Selon la Guemara Nedarim 77a, il est impossible de le savoir. Cette incertitude s'explique par la nature douteuse du silence : désirons-nous ignorer ce qui vient d'être dit, ou désirons-nous afficher notre approbation ?

Cette nature douteuse devrait être prise en considération dans notre relation avec notre conjoint-e. Ainsi, nous ne devrions jamais penser qu'un silence signifie une acceptation. Plutôt, nous devons considérer un silence comme une obligation d'éclaircir un doute, dès que la situation le permet.

Si l'on pense au nombre important de malentendus qui se produit entre mari et femme, une explication possède une vertu unique : celle d'ôter le doute sur les pensées de l'Autre. Une fois ce doute levé, nous savons vers où nous diriger et les risques d'incompréhension disparaissent en une seconde.

Cette leçon est également utile pour l'éducation de nos enfants. Lorsque nous transmettons une information à ces derniers, nous ne devons pas penser qu'un silence signifie qu'ils ont compris et qu'ils acceptent ce que nous venons de dire.

Il est certainement plus avisé de poser la question suivante : “Avez-vous compris ce que je viens de dire ?” En d'autres termes, nous devons insister pour obtenir une réponse à nos propos. Dans ce cas aussi, une telle attitude permet d'éviter les malentendus.

Que D-ieu nous permette de comprendre et d'être compris sans équivoque.