Bnei Noa'h : savent-ils ? (2)


(Ceci est la réponse à une lettre reçue récemment à propos des Bnei Noa'h. Afin de lire cette lettre, cliquez ici.)

Madame,

Votre surprise à entendre parler du sujet des Bnei Noa'h n'est pas réellement surprenante. Voilà bien un sujet dont il n'a presque jamais été question et dont les Bnei Noa'h eux-mêmes ne savent rien, le plus souvent. En ce monde où tout ce sait, immédiatement et par tout le monde, on peut ainsi se poser des questions sur ce secret qui semble avoir été bien gardé.

Un qui sait, l'autre qui ne sait pas

Dans la littérature rabbinique, le sujet des Bnei Noa'h est connu et abondamment traité, même si de nombreux aspects restent encore en chantier. Cet intérêt est sans doute lié à nos éventuelles obligations envers les Bnei Noa'h et à l'attitude que le peuple juif doit avoir face des personnes non juives qui désirent cependant remplir leurs obligations envers le Créateur.

Il faut dire que ce type de personnes ne s'est pas révélé très répandu dans l'histoire et cela explique la méconnaissance du concept de Bnei Noa'h parmi le monde non juif. Dépourvus d'individus qui auraient pu répandre le message, l'immense majorité des Bnei Noa'h ne sait pas qu'il est possible de servir d'une façon idéale D-ieu, sans pourtant se tourner vers une de leurs religions et encore moins de se convertir au judaïsme.

Vous me demandez s'il est écrit dans les livres chrétiens un enseignement à propos de ce sujet. Je vais être honnête : s'il est bien une chose que l'Église ne désire pas entendre parler, c'est bien de l'idée des Bnei Noa'h. De fait, il est interdit à un Ben Noa'h de croire en l’idolâtrie et selon la majorité des législateurs juifs, l'Église de Rome est idolâtre ! On comprend donc le manque d'enthousiasme du clergé romain à s'étendre sur un sujet qui démonte ses propres croyances.

Si la situation commence à évoluer dans le bon sens, c'est que de plus en plus de Bnei Noa'h ne peuvent plus se contenter de l'enseignement de leurs église et qu'ils sentent bien que la vérité se situe ailleurs. Notre position est originale : pour la première fois dans notre histoire, nous pouvons leur enseigner – car la demande se fait de plus en plus sentir – sans qu'il s'agisse de prosélytisme puisqu'il n'est pas question de favoriser les conversions au judaïsme.

Les fêtes juives auxquelles vous faites référence dans votre lettre – et la façon dont il est conseillé aux Bnei Noa'h de les célébrer en tenant compte de leur statut spécifique – est le fruit d'un travail de fourmi réalisé par un Tribunal Rabbinique (Beth Din) qui a été spécialement mis en place à la demande du Rav Shalom Elyashiv, chlita. Ce Beth Bin est installé à Jérusalem et il est dirigé par le Rav Yoël Schwartz, chlita.

Dans certaines parties du monde (notamment aux États-Unis et en Australie), des Bnei Noa'h célèbrent les fêtes juives, comme devraient le faire tous les Bnei Noa'h. Compte tenu de la situation en France par rapport à la religion, cela peut paraître surprenant et pour le moins inhabituel Pourtant, s'il est un discours que nous devons tenir face aux personnes non juives de notre entourage, c'est bien celui de leur apprendre la possibilité de servir Hachem sans devoir faire appel à Rome ou à la Mecque.

C'est dans cette perspective de répandre cet enseignement que La Pause-Café publie régulièrement des articles à propos des Bnei Noa'h. Avec l'aide de D-ieu, j'espère que de plus en plus seront écrits par les Bnei Noa'h eux-mêmes !

J'espère avoir répondu à votre lettre.

Cordialement, David-Yits'haq Trauttman.