Rabbi Na'hman et Internet (1)


“Cher David-Yits’haq,

Croyez-vous qu’un enseignement aussi profond et sérieux que celui de Rabbi Na’hman de Breslev peut se transmettre par Internet ? Le risque n’existe-t-il pas qu’il n’en restera que des slogans et donc, une dénaturation affligeant de son enseignement ?” (Méir Ben-Hayoun, Jérusalem)

Cher Méir,

Avant de vous répondre, permettez-moi tout d’abord de vous dire à quoi je ne répondrai pas : le débat sur l’opportunité d’utiliser Internet pour enseigner ou partager des paroles de Tora. Ce débat en est un de personnes bien plus érudites que moi et je ne me permettrai pas de pointer du doigt certaines d’entre elles en ayant le culot de dire qu’elles ont tort. Il me suffit de dire qu’il s’agit d’une question qui n’a pas été tranchée et que chaque individu peut emprunter la voie qu’il désire.

Partager ou enseigner ?

Pour répondre à votre question, vous comprendrez aisément que je réponds selon ce que je pense et je ne prétends nullement détenir la vérité universelle. Si certaines personnes sont en désaccord avec ma position, cela ne peut qu’enrichir le débat.

Tout d’abord, je n’enseigne pas la Tora : ni par Internet, ni lors de mes rencontres, ni de quelque autre façon que ce soit. Je ne suis pas Rav et l’usage que je fais de ma sagesse et bien trop limité pour que je puisse me placer dans une position d’enseignant. Plutôt, je partage ce que j’apprends, ainsi que les idées que mon Rav – le Rav Nathan Liebermentsh, chelita – m’a fait l’honneur de partager avec moi. Si un seul individu me considérait comme son Rav, je serais dans l’obligation de lui dire qu’il fait une grave erreur.

Lorsque je réponds aux lettres de mes lecteurs, ce sont des conseils que je leur donne et je ne voudrais certainement pas qu’ils pensent que je leur dicte la Parole sainte. Si on me demande de l’aide, j’essaie d’intervenir ; cela ressemble un peu à un ami à qui l’on pose une question : celui-ci répond du mieux qu’il le peut, sans prétendre tout savoir.

Ceci me semble un aspect essentiel afin de partager l’enseignement de Rabbi Na’hman de Breslev : être conscient que nous n’avons aucune idée de la pensée profonde du Tsadiq et que nous essayons seulement de la comprendre, d’en parler et de répondre aux questions qu’on nous pose. La personne qui croit avoir compris ce que Rabbi Na’hman a dit est certainement plus éloignée de la vérité que l’est mon fils âgé de huit ans ! Je détiens cela de mon Rav qui un certain jour m’a dit : “Qui peut enseigner Rabbi Na’hman ? Personne !”