Pourquoi sommes-nous inquiets ?


Nous aimons tous savoir que nous allons vivre les prochains mois dans le bonheur, la joie et les rires quotidiens. De fait, les raisons de voir la vie en rose ne manquent pas ; j'en cite quelques exemples : se faire plaisir en faisant plaisir à son conjoint, partager de nombreuses heures avec nos enfants, essayer de devenir une meilleure personne... Peu importe ce que nous décidons de faire : cela doit l'être dans la bonne humeur et avec une réelle volonté de réussite. Ensuite, arrivera ce qui arrivera.

Malgré ce ton enjoué, la réalité risque de nous rattraper plus tôt que prévu et précisément avec les personnes de notre entourage. Faire plaisir à notre conjoint peut se révéler plus difficile qu'il n'y paraissait; nos enfants peuvent nous faire comprendre qu'ils préfèrent la compagnie de leurs amis; travailler nos middoth (traits de caractère) ne signifie pas forcément s'améliorer rapidement...

De plus, certaines situations nous mettent devant le fait accompli. Un licenciement imprévu et c'est notre monde qui s'écroule. Une mauvaise nouvelle de notre docteur et c'est notre capacité physique de fonctionner qui est remise en question. Notre conjoint nous déclare qu'il désire prendre la clé des champs et ce sont des décennies qui s'envolent. L'université dans laquelle nous rêvions d'aller – et dans laquelle nous avons finalement été accepté – s'avère décevante et nous ne savons plus quoi faire...

Si nous n'y prenons pas garde, toutes ces situations risquent de nous plonger dans la frustration, l'énervement et – pire encore – l'angoisse, que D-ieu nous protège. Ainsi, qu'il s'agisse d'un doute qui nous ronge l'esprit ou d'une gifle dont nous ne savons pas de quelle façon nous relever, les sentiments positifs du début d'année risquent de n'être qu'un feu de paille.

Pour quelle raison doit-on être déçus ?

Que nous le désirions ou pas, nous avons de nombreuses décisions à prendre pendant le cours de notre vie. Certaines sont plus difficiles que d'autres et selon l'intensité de la difficulté, notre décision se fait plus ou moins attendre. Quelques fois, nous pensons savoir ce que nous devrions faire, mais nous n'osons pas prendre la décision qui s'impose. La peur du néant, l'inconnu, notre manque chronique d'assurance... tous ces facteurs possèdent leur importance et ne pas en tenir compte n'est pas très futile.

Le Maître du monde nous connaît bien. N'est-ce pas Lui qui nous a formés ? Ces doutes et ces questions que nous nous posons viennent de notre « faiblesse naturelle » dont la raison est connue : nous motiver à nous tourner vers Hachem afin de Lui demander Son aide. Les prières faites du cœur sont les plus belles qu'une âme juive peut prononcer !

Souvent, c'est pour nous aider à sauter le pas que D-ieu nous met devant un fait accompli. Pensions-nous accepter une proposition d'emploi – avec un salaire inférieur au nôtre – où il serait possible de respecter nos fêtes ? Notre indécision a poussé le Ciel à nous montrer la voie : la lettre de licenciement que nous venons de recevoir est la bonne nouvelle du jour. Nous savons maintenant le chemin que nous devons suivre !

Notre rapprochement avec Hachem était devenu difficile à cause de l'opposition systématique qu'affichait notre conjoint. Malgré toutes nos prières pour continuer ensemble sur ce chemin, sa décision imprévue de nous quitter est peut-être une libération céleste. Libéré d'un esprit réfractaire, nous pourrons avancer à grandes enjambées (bien sûr, cet exemple ne signifie pas que le divorce soit à préférer à tous les efforts de conciliation).

Nous avions fait pieds et mains pour être accepté dans une université prestigieuse. En fin de compte, celle-ci se révèle ne pas correspondre à notre attente : l'ambiance dans la classe est morose, les cours ne sont pas d'une excellente qualité et nos résultats d'examens pas très bons. Sans doute, Hachem nous indique qu'il est temps de penser à nous engager sur un autre chemin.

Tous ces exemples doivent être pris pour ce qu'ils sont : des généralités dont les détails doivent être adaptés à chacun d'entre nous. Cependant, si nous pouvons en déduire que les décisions quelles fois difficiles que nous devons prendre – ou auxquelles nous devons nous soumettre – n'ont pas de raison de nous inquiéter, ni de nous angoisser, nous aurons découvert une grande idée dans notre vie.

L'enfant qui se sent prêt à marcher s'élance tout seul et lâche de lui-même la main de son père. S'il est trop timoré pour le faire, son père prend la décision pour lui. Hachem est notre père et Il attend de nous de prendre les bonnes décisions. Lorsque nous tardons à les prendre, Il se cache derrière les mots ou gestes des personnes qui nos entourent. C'est ainsi qu'Il nous montre Son extrême bonté.

La conclusion est simple : soyons courageux et n'hésitons pas à prendre les décisions qui s'imposent dans notre vie (en nous entourant de bons conseils). D'autre part, si nous sommes un peu timorés, le Ciel nous aidera à les prendre de toutes les façons !