Paracha Vayéra - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Vayéra - Rabbi Nathan de Breslev

Nous ne sommes pas des anges

“Je vais apporter une tranche de pain et vous rassasierez votre cœur…” (Genèse 18:5)

Lorsque les anges rendirent visite à Avraham, celui-ci leur offrit de la nourriture. En agissant de la sorte, Avraham désirait leur montrer qu'ils ne devraient pas dénoncer le peuple juif lorsqu'il voudrait recevoir la Tora, en dépit du fait qu'il pècherait ensuite.

Il est écrit dans le Midrach Raba (Chémoth 28) que lorsque Moché monta au sommet du Mont Sinaï afin d'y recevoir les Tables de la Loi, les anges voulurent l'attaquer. À cet instant, Hachem modifia l'aspect du visage de Moché pour le faire ressembler à celui d'Avraham. Ensuite, D-ieu s'adressa aux anges en leur disant : “N'avez-vous pas honte de vouloir faire du mal à cet homme chez lequel vous avez mangé ?”

Un début de lumière

De fait, lorsque les anges rendirent visite à Avraham, un certain scintillement spirituel lié au don de la Tora avait déjà commencé à se répandre dans le monde, même si la Tora n'avait pas encore été donnée aux hommes. La raison de ce scintillement spirituel précoce tient en la circoncision qu'avait déjà effectuée Avraham sur lui-même. En faisant cela, il avait réalisé la première mitswa qu'Hachem lui avait ordonnée. Il n'en fallait pas plus pour faire descendre dans ce monde la lumière de la Tora.

De plus, les anges étaient venus rendre visite à Avraham pour lui annoncer la future naissance de son fils Yits'haq. L'annonce de cette naissance était primordiale car c'est d'Yits'haq que descendrait le peuple d'Israël qui recevrait un jour la Tora.

Ainsi, Avraham fit tous les efforts possibles afin de sauver le peuple d'Israël des attaques des anges. Il ne voulait pas que ceux-ci puissent dénoncer le peuple juif malgré ce qu'il était et ce qu'il ferait.

C'est pour parvenir à cet objectif, qu'Avraham offrit à manger aux anges. De la sorte, les anges sauraient et comprendraient la nature des souffrances que l'espèce humaine doit endurer dans ce monde, ce qui pourrait les rendre plus compréhensifs dans leur jugement de l'espèce humaine. Ces souffrances sont symbolisées par le fait que l'homme est obligé de manger, c'est-à-dire de sélectionner le bon du mauvais. Cette action se traduit par le bon que chaque personne garde en son corps après avoir mangé, tandis que le mauvais est expulsé par les voies naturelles.

Notre combat quotidien

Ceci symbolise le type de combat que chaque personne doit mener durant sa vie : trier le bon du mauvais. La difficulté réside dans le fait que nous possédons un mauvais penchant qui nous fait souvent fauter et chuter, que D-ieu nous préserve. C'est pour cette raison qu'il ne faut pas accuser une personne de tous les noms si elle chute spirituellement, peu importe la nature de sa chute.

Les conséquences de nos fautes et de nos transgressions sont multiples et la plus importante est sans doute celle de nous rendre plus difficile qu'auparavant le rapprochement d'Hachem. Partant, notre combat est d'une autre nature que celui des anges qui ne possèdent pas de mauvais penchant. Ainsi, avant de nous accuser à cause de nos fautes, Avraham désirait leur donner le goût de la vie que nous menons en qualité d'êtres humains et les défis et challenges qui sont notre quotidien.

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Hilkhtoth Betsiath Hapath 5:49)