Paracha Noa'h : le matérialisme, cet ennemi qui nous veut du bien

 

Le matérialisme : cet ennemi qui nous veut du bien

« La génération du déluge devint arrogante [à l'égard d'Hachem] uniquement à cause de la bonté que le Saint, béni soit-Il, leur prodigua. » (Pessa'him 108a).

Nous aimons bien notre confort : un canapé douillet, notre salon bien chauffé, une table bien garnie... qui pourrait se passer de cela ? À vrai dire, nous connaissons le bonheur de vivre dans des pays riches et il y a bien longtemps que la faim n'existe plus parmi nous et nos concitoyens. Nous devrions nous en réjouir. Cependant, abondance de bien peut être nuisible.

De fait, la génération du déluge possédait tout et pensait pouvoir se passer d'Hachem. « Pour quelle raison devrions-nous prier ? » ; « Qu'avons-nous à faire à suivre la voie (de Dieu) ? » Ceci fut sa faute et elle en fut punie.

À notre façon, nous devons réfléchir si nous ne sommes pas devenu arrogant face au Maître du monde avec le rapport que nous entretenons avec le matériel. Désirons-nous toujours plus ? Souhaitons-nous combien d'objets et de choses qui ne sont pas réellement essentiels ?

Faisons-nous le compte du nombre d'heures de travail que représente le prix de la plupart des produits que nous achetons ? Ne pourrions-nous pas essayer d'acheter moins et de consacrer plus de temps à prier, étudier, parler à Hachem...

Bien sûr, les têtes légères vont nous reprocher de vouloir retourner au Moyen Âge ; il n'en est rien. Il s'agit plutôt d'essayer d'accorder dans notre vie un plus de place au Divin et un peu moins au matériel. C'est aussi une façon de dire au Maître du monde que nous L'aimons et de le Lui montrer !

Chaque individu étant différent, il n'existe pas vraiment un niveau identique pour chacun. Cela dépend également de l'éducation que nous avons reçue et de l'environnement dans lequel nous avons grandi. Si nous avons été habitué à la cuillère en argent dès le plus jeune âge, il sera sans doute plus difficile de s'en passer qu'une personne qui a été élevée aux couverts en plastique jetables.

Pourtant, une règle commune s'applique à tous : chaque jour, nous devons essayer de diminuer notre dépendance face au matériel afin de laisser une plus grande place à l'expression de l'amour que nous éprouvons pour le Créateur.

Le plus important consiste à comprendre qu’au-delà des grands principes, c'est dans le quotidien que nous affichons notre grand amour à l'égard d'Hachem. Ainsi, à la caisse d'un magasin ou devant un stand de marchandises, acheter un peu moins ou un peu moins cher en l'honneur du Nom d'Hachem est une grande chose. Si nous profitons de cet argent économisé pour travailler moins, donner un peu plus de tsédaqa ou acheter un livre de plus de Tora, nous aurons accompli un grand geste.

Le véganisme ou la fin de l'intelligence humaine

« Que votre ascendant et votre terreur soient sur tous les animaux de la terre et sur tous les oiseaux du ciel ; tous les êtres dont fourmille le sol, tous les poissons de la mer, sont livrés en vos mains. » (Genèse 9:2). Ramban : « Cela fait référence au bétail, aux animaux sauvages, aux volailles ainsi que des poissons de la mer. » 

Nous apprenons dans la paracha de cette semaine qu'Hachem a placé l'être humain au-dessus de l'espèce animale. Cela signifie que les animaux ont été créés afin de servir l'homme et qu'il est donc possible de tuer un animal afin d'utiliser sa peau pour se couvrir, de consommer sa chair...

La Tora étant compassionnelle, il existe des lois importantes qui concernent le respect que nous devons avoir envers les animaux : dans nos rapports quotidiens avec eux et également dans notre façon de les tuer avant d'en consommer leur chair.

Pourtant, ce respect ne doit pas contredire la Tora et l'ordre établi des quatre espèces qui existent sur terre : selon cet ordre l'être humain se trouve au niveau supérieur, les animaux en second, vient ensuite l'espèce végétale et enfin, l'espèce minérale. C'est à cet ordre que s'attaque le véganisme.  

La logique végane est poussée à son extrême dans le cas théorique où une personne serait dans une situation où elle pourrait sauver de la mort un être humain handicapé ou un animal, mais pas les deux (par manque de temps, de place...). Dans ce cas, les végans estiment qu'il nous revient de sauver l'animal qui est en pleine santé, plutôt que l'être humain qui est handicapé et donc diminué (Peter Singer dans l'ouvrage « Animal Liberation »). Ineptie qui caractérise notre génération qui perd rarement une occasion de s'attaquer au Divin.

Lorsque les idées véganes sont propagées par des personnes non-juives, nous pouvons comprendre leur attitude. Vivant éloignées du concept de Sainteté et des valeurs transmises par la Tora, ces personnes adoptent un raisonnement biaisé dès le départ. Plus étonnant est le comportement des personnes juives et croyantes qui font leurs ces idées.

La particularité de l'âme juive consiste à toujours vouloir s'élever vers ses racines saintes et se rapprocher de la Qédoucha (Sainteté). Afin de ne pas entraver ce mouvement, nous devons chaque jour prier et apprendre la Tora afin de savoir vers quelle direction nous devons nous diriger, la façon dont nous devons appliquer les commandements bibliques et rabbiniques...

Être humble, s'ouvrir à la Tora, désirer découvrir la véritable Volonté divine... Ces notions font partie intégrante de la vie juive. En aucun cas, nous devrions entraver ce parcours par notre ignorance, ni notre mauvaise volonté. Lorsque nous nous écartons de l'enseignement de nos Sages et que nous inventons de nouveaux concepts, nous rendons un mauvais service : à nous-même et aux personnes qui pourraient nous croire.

La vie est belle lorsqu'elle est simple. En ce monde, le rôle de chacun d'entre nous est celui d'apprendre les valeurs de la Tora et de les transmettre aux générations futures. Si nous pouvons transmettre ces valeurs sans les dénaturer, sans les modifier d'une façon ou d'une autre par rapport à ce que nos livres nous enseignent, nous aurons sans aucun doute réussi notre passage ici-bas.

Pour cela, il fait commencer à mettre son ego de côté. Cela n'est pas toujours facile.

(Afin d'avoir plus d'information sur le véganisme, lire le prochainarticle).

 David-Yits'haq Trauttman