Paracha Lekh Lekha - Rabbi Nathan de Breslev

Paracha Lekh Lekha - Rabbi Nathan de Breslev

“Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle et va au pays que Je t'indiquerai.” (Bérichith 12:1)

Les mensonges de ce monde

Il existe de nombreuses sortes d'obscurités spirituelles et de mensonges qui émanent de la terre et du pays dans lesquels nous avons grandi. De fait, même si chaque terre et chaque endroit de l'univers possèdent d'une manière indiscutable une part importante de bon – qui correspond au concept de “vérité” – les forces du mal y sont dominantes. D'autre part, D-ieu a fait correspondre “l'un à l'autre” (Écclésiaste 7:14), ce qui signifie que pour toute chose qui existe en Sainteté, l'équivalent existe également au sein des forces du mal.

Par conséquent, dans chaque endroit se trouvent de nombreuses sortes d'obscurités spirituelles qui cherchent à détourner à leur avantage la vérité, chaque force du mal agissant à sa façon. En parallèle, il existe des endroits où la vérité domine et où les forces du mal n'on pas ou peu de prise.

C'est pour cette raison qu'il existe différents types d'obscurités spirituelles et de mensonges qui s'attachent à notre personne et qui dépendent des conditions dans lesquelles nous sommes nés. Ceci correspond à ce qu'a dit le Roi David (Psaumes 51:7) : “J'ai été enfanté dans l'iniquité et c'est dans le péché que ma mère m'a conçu.”

D'autre part, il existe différentes sortes d'inepties et de mensonges qui s'attachent à nous à cause de la nature de notre famille. Par exemple : certaines personnes se sentent importantes de par leur lignée et elles estiment être d'un statut noble et élevé. Pour ces personnes, il est tout à fait normal que le monde entier leur accorde le plus grand respect. La liste serait longue s'il fallait dresser tous les types de ces absurdités et de ces dysfonctionnements de l'esprit humain.

Nous séparer du monde

C'est pour cela que chaque personne qui désire suivre le chemin saint de la vérité absolue dans la vie doit s'écarter et quitter la voie que tout le monde emprunte. La seule chose que nous devons faire consiste à s'attacher à l'aspect de vérité absolue dans notre vie ; celui-ci trouve sa racine au fond de notre âme. Cet aspect de vérité est (Job 31:2) : “notre lot de D-ieu là-haut”, c'est-à-dire l'essence suprême de la vérité.

Nous devons prendre conscience que l'âme – c'est-à-dire l'aspect spirituel – représente l'essence de l'être humain. De fait, lorsque nous faisons référence à nous, ou à ce qui est à nous, ou à une autre personne, nous faisons chaque fois référence à l'essence même de la personne, c'est-à-dire à son aspect immatériel et non pas à son aspect physique, son corps.

De même, lorsque nous appelons une personne par son nom, nous ne pensons pas au corps de celle-ci, c'est-à-dire à son aspect physique. Plutôt, nous pensons à son essence et à ce qu'elle est réellement, c'est-à-dire à son aspect immatériel. La raison est que le corps de chaque personne n'est qu'un assemblage de chair et d'os, mais n'est certainement pas la personne elle-même.

Ceci correspond au verset : “Hachem parla à Avraham et lui dit : 'Éloigne-toi [dans ton propre intérêt] de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle et va au pays que je t'indiquerai'.” D-ieu désirait faire comprendre à Avraham qu'il était de son intérêt – c'est-à-dire celui de sa propre personne, ce qui correspond à l'aspect de la vérité absolue qui est enracinée en chacun d'entre nous – de quitter son pays, son lieu natal et la maison paternelle.

Ceci signifie que nous devons tourner notre dos et nous séparer entièrement de toutes les sortes de mensonges et confusions qui cherchent à se coller à nous, à cause du pays dans lequel nous avons grandi ou du lieu où nous sommes nés ou de notre famille.

La seule chose que nous devons faire consiste à nous attacher à l'aspect de vérité absolue dans la vie. Grâce à cela, nous mériterons d'atteindre l'objectif ultime et éternel qui correspond “au pays que Je t'indiquerai.”

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Hilkhoth Guénéva, 5:7)