Le Beaujolais Nouveau 2010 : je n'écrirai rien !

Nouveau Beaujolais 2010: Why I Will Not Be Writing

À vrai dire, je pensais que je ne me fatiguerai jamais des festivités qui entourent chaque année le lancement du Beaujolais Nouveau et qui ont lieu d'une façon invariable, le troisième jeudi du mois de novembre.

Je me souviens qu'à l'époque où je vivais en France, j'attendais ce jour-là avec impatience et à la date prévue, je me rendais soit au Bistro 28 ou dans un autre de mes établissements favoris où l'on servait le nouveau vin tant attendu. Je le commandais en pichet – plutôt qu'en bouteille – et il était servi très frais. De plus, les morceaux de foie gras, de merguez ou d'autres pièces de choix de charcuterie ne rendaient le vin que meilleur ! Je me souviens également du nombre infini de tranches d'un pain succulent que je mangeais...

En addition de ce qui se trouvait dans le verre et dans l'assiette, l'ambiance environnante prêtait à passer du bon temps. Les personnes qui se trouvaient avec moi étaient agréables et d'une simplicité étonnante. L'atmosphère, l'humeur, la compagnie et le plaisir que le vin me donnait me permettait d'ignorer le côté commercial de ce lancement annuel.

En Israël, le lancement du Beaujolais Nouveau est un événement relativement récent : voilà seulement une dizaine d'années que des soirées sont organisées aux quatre coins du pays. Au début, mon enthousiasme était presque égal à celui que j'avais pour celui de Paris. Les premières années, je faisais le tour de plusieurs places – 7 ou 8 environ – afin de goûter le nouveau vin. Au fils des années, j'avais pris l'habitude de ne rendre visite qu'à un établissement, ou deux au maximum. Cette année – et pour la première fois – je n'irai à aucun.

Dit simplement, je pense que les évènements liés au lancement du Beaujolais Nouveau sont devenus trop commerciaux et qu'avec la foule qu'ils attirent ils ne possèdent plus grand intérêt. De plus, il existe un minimum d'une demi-douzaine de producteurs de vins locaux qui programment la sortie d'un de leurs vins à la même date que celle du Beaujolais Nouveau. À ma connaissance, un seul d'entre eux est produit avec le raisin Gamay – celui dont on se sert pour produire le Beaujolais Nouveau – et utilise le processus de la macération carbonique. En d'autres termes, je me pose la question suivante : à quoi tout cela rime-t-il ?

À vrai dire, j'ai déjà goûté quatre des Beaujolais Nouveau de cette année (cela n'est sans doute pas permis, mais que voulez-vous ? Ainsi vont les choses avec les critiques de vin) et ils sont simplement corrects, sans plus : simples, pas sophistiqués et agréables, tels qu'ils doivent l'être. J'ai également goûté cinq des productions locales. Le Gamay Nouveau de la maison Golan Heights est un vin agréable et il serait facile de croire qu'on boit du Beaujolais Nouveau ! Les autres vins sont – malheureusement – trop acides ou trop rudes. Un de ces vins possédait même une telle odeur qu'en ouvrant a bouteille, j'ai cru que les égouts étaient bouchés ! Enfin, un vin m'a fait penser à une confiture de fraises plutôt qu'à du vin.

Ainsi... je n'écrirai aucun article à propos du Beaujolais Nouveau cette année. Les chances sont grandes que mon prochain article sur ce sujet sera écrit le troisième jeudi de novembre... l'année prochaine. Ce jour-là, j'espère bien me trouver à Paris.

Daniel Rogov.

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