Goûter et noter les vins

Spring Wine Festival

Il y a de nombreuses années, lorsque je suis arrivé pour la première fois à Paris, je suis tombé amoureux avec la langue française, les vins français, la nourriture française et bien sûr... avec une française ! Depuis cette époque lointaine, je gagne ma vie d'une façon confortable en écrivant des articles à propos de la nourriture et des vins. Le plus fabuleux de tout cela est que je suis toujours amoureux de toutes les choses qui m'enchantaient tellement lorsque j'étais jeune.

Je vis maintenant - et depuis plusieurs dizaines d'années - en Israël. J'ai eu la chance d'être le témoin de ce que je considère la révolution du vin en Israël. D'une certaine façon, j'ai même partcipé à cette révolution. La vérité m'oblige à dire que lorsque je suis arrivé pour la première fois en Israël, les vins n'étaient pas d'une très bonne qualité ; la majorité était des vins rouges doux et d'un goût plutôt commun. De nos jours, de nombreux vins israéliens peuvent entrer en compétition sans aucun scrupule face à des vins de réputation mondiale. Tout cela est arrivé  princialement grâce aux efforts combinés des fabricants de vins d'Israël qui sont allé apprendre leur métier en France, en Italie et aux États-Unis.

De plus, il est maintenant évident pour tout le monde qu'il n'existe pas de contradiction entre les lois de la kachroute et la fabrication de vins excellents. La révolution israélienne à laquelle je faisais référence se déroule également dans ce domaine. De  plus, de nombreux exemples peuvent être cités d'excellents vins kachers dans presque toutes les productions de chaque pays. 

Goûter et noter les vins

Comme la plupart des lecteurs le savent, lorsque je publie mes commentaires à propos des vins que j'ai goûtés, j'accorde une note à chaque vin. À cette fin, j'utilise une échelle de 0 à 100 points. Malgré cette habitude, j'avoue préférer les commentaires dans lesquels aucune note n'est donnée !

Ma logique est relativement simple à comprendre, Lorsque j'ai commencé à utiliser un système de points (à l'époque, la meilleure note était seulement de 50 ), les notes que je donnais m'étaient destinées et je ne pensais pas devoir les publier. Une remarque : mon système de notes est plus ancien - d'environ une vingtaine d'années - que celui de Robert Parker. Cependant, dans la mesure où il a été le premier à publier des commentaires accompagnés de notes, je suis heureux pour lui de savoir qu'il s'estime être le ''père'' de ce système de notation. De fait, c'est seulement lorsque les lecteurs commencèrent à réclamer des notes pour les vins que j'ai commencé à publier les miennes. En cela, j'ai été ''encouragé'' par les patrons de presse qui tiennent compte de l'avis de leurs lecteurs !

Je ne prétend pas qu'un système de notes soit parfait, ni l'idéal. Même si une note peut donner l'impression d'un contrôle et d'une objectivité entiers de la part de la personne qui goûte les vins, tous les individus qui s'intéressent un peu aux vins savent très bien qu'une note n'est rien de plus que le résumé spécifique de la part d'un critique à propos de la qualité d'un vin particulier. Ceci fait partie de la nature huamaine : tout mettre dans une balance.

Lorsque nous écoutons un concert, nous évaluons sa qualité : était-elle extraordinaire, excellente, très bonne, bonne, médiocre, faible, catastrophique... Lorsque nous voyons une personne, nous décidons si elle est très belle, belle, pas très belle ou même repoussante. La liste est longue de tels exemples. La pensée humaine n'est pas en manque d'évaluation. Même si le plus souvent nous n'allons pas jusqu'à donner une note précise à ce que nous entendons, voyons... les notes existent tout de même et je m'en sert pour le bénéfice de mes lecteurs. À ce titre, peu importe si l'échelle va de 1 à 5, de 1 à 10, de 1 à 20 ou de 1 à 100 : le principe reste le même.

Selon moi, chaque critique qui utilise un système de notation doit faire attention à rappeller régulièremet aux lecteurs - surtout ceux qui ne sont pas encore des spécialistes - que les notes ne sont rien de plus qu'un nombre à deux ou trois chiffres qui conclut un commentaire. Même si ce nombre résume l'opinion du critique à propos de la qualité du vin goûté, il ne donne aucune indication à propos du plaisir que le lecteur aura à le boire ! Ce plaisir dépend de chaque personne. En d'autres termes, la note en est une de goût, plutôt que de plaisir.

Je ne serais pas surpris que le débat entre bouchon en liège et bouchon à vis tombe dans l'oubli. Cependant et selon moi, le débat à propos des notes accordées aux vins a des chances de durer bien après que moi-même et la plupart de mes collègues ne soyons plus de ce monde. À ce moment-là, ce que nous penserons de la boîte dans laquelle nous serons - est-elle belle, comfortable, bien équipée - sera sans doute notre sujet de discussion !  

Salutations,
Daniel Rogov

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