Étudier la Kabbale ? (1)


«Cher David-Yits'haq, je voudrais connaître votre opinion à propos de la Kabbale. Quelle est sa définition, en quoi elle diffère, si elle le fait, des lectures traditionnelles de la Tora, ou si elle fait partie, mais bien une partie de l'étude, d'où la nécessité de le faire dans un cadre précis et en ayant déjà des connaissances approfondies sur la Tora. » (Anonyme, France)

Chère « Anonyme »,

Je vous remercie pour votre lettre et pour la confiance que vous m'accordez. Depuis plusieurs années, l'étude de la Kabbale est devenue très populaire et une activité très rémunératrice pour certains. Il est important de savoir ce qu'est la Kabbale, s'il faut l'étudier et dans l'affirmative, dans quelles conditions. Votre question va me permettre d'éclaircir ces différents aspects.

La Kabbale : c'est quoi ?

Même si la Kabbale regroupe plusieurs milliers de livres édités depuis plusieurs siècles, sa racine repose sur un seul ouvrage : le Zohar. Écrit par Rabbi Chim'on bar Yo'haï – il y a environ 1 900 années – il fut rédigé par Inspiration divine. Cela signifie que D-ieu nous a donné les fondements de la Kabbale et qu'il ne s'agit donc pas seulement de déductions ou de réflexions de nos Sages.

Ceci est important à savoir car les personnes qui n'étudient pas la kabbale disent – en quelque sorte – au Maître du monde qu'elles peuvent vivre sans étudier la totalité de Sa parole ! Ainsi, je réponds d'une façon positive à la première partie de votre question : il faut bel et bien étudier la Kabbale.

Cet article ne me permet évidemment pas de décrire tous les aspects de la Kabbale : ses courants, ses principaux auteurs... Il suffira de dire que les ouvrages qui s'y réfèrent abondent et que nous voyons presque chaque semaine un nouveau livre nous en exposer ses fondements, ses particularités...

De cette diversité est né un problème : quel auteur peut être qualifié de kabbaliste afin de pouvoir avoir notre confiance et quels moyens avons-nous de vérifier si le livre que nous désirons lire est « kacher »? Ceci n'est pas un détail et de nombreuses personnes mettent la totalité de leur vie spirituelle en danger en lisant n'importe quel livre, de n'importe quel auteur. Une personne qui mange kacher vérifie toujours si l'aliment qu'elle désire consommer est autorisé ; il faut absolument avoir la même exigence envers nos lectures (et ceci ne se limite pas à la Kabbale.)

La lecture du Zohar nous révèle un fait indéniable : certains concepts y sont décrits d'une façon compréhensibles pour la plupart des personnes qui l'étudient d'une façon sérieuse et régulière. Cependant, d'autres font référence à des notions plus complexes qu'il est impossible de saisir sans avoir atteint auparavant un niveau extrêmement élevé de Sagesse et de connaissance. En d'autres termes, une lecture encadrée du Zohar – dans laquelle le lecteur cherche à comprendre ce qui lui est possible de concevoir et laisse de côté le reste – est conseillée.

Malgré tout, la personne qui est incapable de lire le Zohar en son texte originel et qui dépend d'une traduction doit s'en remettre aux qualités du traducteur. Ceci est une véritable difficulté pour les lecteurs francophones car – à ma connaissance – aucune traduction en français est suffisamment fiable pour mériter notre confiance absolue.

Bien sûr, il faut réaliser que nous ne faisons pas seulement allusion à la qualité littéraire de la traduction, mais également à celle du traducteur. Ceci est un principe incontournable : une personne qui ne vit pas d'une façon stricte selon les commandement bibliques et rabbiniques ne possède aucune qualification pour recevoir notre confiance et sa traduction ne peut pas être lue. Voilà donc qu'un nombre important de personnes se retrouvent devant une impasse : la lecture du Zohar est conseillée, mais leur manque de connaissance linguistique – ainsi que l'absence de traduction fiable – la rend impossible !

C'est pour cette raison qu'il préférable de s'orienter vers des ouvrages d'introduction qui possèdent l'avantage d'être rédigés dans une langue que nous comprenons et parmi lesquels il est possible de trouver plusieurs auteurs dignes de confiance.