Bouffer du juif


Nous vivons dans un monde binaire. À chaque instant de notre vie, nous nous rapprochons de D-ieu ou nous nous en éloignons. À chaque minute, nous faisons ne que nous devons faire ou… le contraire. Avancer ou reculer, voilà à quoi se résume notre vie.

Dans certaines situations, le choix est évident, même s'il peut s'avérer difficile à choisir. Cependant, le plus souvent, savoir ce que nous devons faire n'est pas évident et nous devons constamment demander l'aide de D-ieu pour nous aider à faire les bons choix.

Cette difficulté provient du fait que tout ce qui existe du côté de la Sainteté (qui nous rapproche de D-ieu) possède son équivalent du côté des forces du mal (qui nous éloignent de D-ieu).

Un pas en avant ou un pas en arrière

Cette situation s'applique à tous les concepts, même si nous pouvons parfois considérer que certains sont toujours positifs et d'autres toujours négatifs. Cela n'est pas exact : chaque idée peut avoir des conséquences positives ou négatives, dépendamment de l'usage que nous en faisons.

Citons deux exemples. Les actes de bonté sont souvent considérés comme une qualité suprême. Certes, être serviable est souhaitable. Cependant, que dire d'une personne qui ne saurait pas mettre une limite à sa gentillesse et serait toujours à aider les autres… aux dépends de sa femme et de ses enfants. Une telle personne serait la victime du concept de “bonté” issu des forces du mal. Ne rions pas ! Cela arriva à une dame qui était réputée pour être serviable. Un beau jour, cette dame se brisa une jambe et resta alitée pendant plusieurs semaines. Son mari lui dit : “Il a fallut cette chute pour que je puisse avoir le plaisir de partager autant de temps avec toi.”

D'autre part, pensons à l'avarice. Ne pas donner – aux pauvres, aux justes causes… – n'est pas un trait positif de caractère. Pourtant, la personne qui chérit au plus au point l'argent que le Ciel lui a alloué et qui fait attention à utiliser le moindre centime de la façon la plus efficiente est hautement louable. Refuser de dépenser peut s'avérer quelques fois être un signe de respect envers le Créateur.

L'expression “bouffer du juif” n'a pas été très souvent utilisée par les amis des juifs. Cependant, il nous revient de sortir cette expression du côté des forces du mal et de l'élever du côté de la sainteté.

Nous pouvons faire cela en ayant envie de “bouffer du juif” chaque instant de notre vie. Prier à la façon des juifs (trois fois par jour et de préférence dans une synagogue) ; manger juif (kacher) ; s'habiller juif (à la façon des orthodoxes ou des 'hassidiques) ; parler juif (ne prononcer aucune médisance, parler Tora…). Sans doute, le plus difficile est de “penser juif”.

“Penser juif” signifie vivre notre état de personne juive dans le plus profond recoin de notre for intérieur : notre cœur. Vivre en tant que personne juive, c'est vivre selon les lois juives (halakhoth), c'est vouloir se rapprocher de D-ieu, le plus souvent et le plus longtemps. C'est également rejeter tout ce que le monde peut offrir de futile et de temporel. En d'autres termes, “bouffer du juif” c'est faire de D-ieu notre point unique d'intérêt dans ce monde. Unique et non principal ; unique et non secondaire ; unique et non potentiel. Tout un défi !