Bnei Noa'h et Halakha (2)


(Cet article est le deuxième d'une série à propos des Bnei Noa'h et de la Halakha. Pour lire le premier article, cliquez ici.)

Les lois de la Tora

D'une façon générale, la halakha concerne l'application pratique des commandements (dont chacun porte le nom de mitswa, au pluriel mitswoth) de la Tora et qui ont été ensuite élaborés dans la littérature rabbinique. Selon le Talmud (Traité Makoth), il existe 613 mitswoth (commandements) dans la Tora. En hébreu, ces commandements sont souvent appelés ''Taryag mitswoth'' תרי"ג מצוות. Parmi ces 613 mitswoth, 248 sont des mitswoth positives (''Tu feras...''), tandis que 365 sont des mitswoth négatives (''Tu ne feras pas...'').

Catégories

Selon la loi juive, les commandements (ou lois) sont à diviser en deux catégories principales :

- Les lois entre la personne et D-ieu (bein adam le-Maqom), et

- Les lois entre personnes (bein adam le-chavero).

Transgresser les lois de la deuxième catégorie est considéré plus grave qu'une transgression des lois de la première catégorie. De fait, dans ce cas, la personne qui a fauté doit obtenir le pardon de l'individu contre lequel elle a fauté, en addition du pardon de D-ieu Lui-même.

Les autorités rabbiniques divisent la Halakha entre commandements (ou lois) bibliques (car explicités dans la Tora) et rabbiniques (car élaborés par les rabbins.) La nature d'un commandement (biblique ou rabbinique) peut influencer l'importance d'un principe, son application et la nature de l'interprétation qui en est faite.

Les commandements (mitswoth) sont positifs ou négatifs. La différence de leur nature a une influence sur celle de la sanction divine ou humaine qui fait suite à une transgression. Les commandements positifs permettent à une personne de se rapprocher de D-ieu, tandis qu'une transgression d'un commandement négatif crée une distance entre les deux. En s'efforçant d'être ''saint'' - tel que D-ieu l'est - chaque individu essaie de vivre autant que possible selon la volonté de D-ieu. L'essentiel consiste à vivre d'une façon absolue en tenant compte des commandements dans chaque aspect de la vie.

Une division supplémentaire existe entre les 'houqim (''décrets''), les michpatim (''jugements'') et les 'édouyoth (''témoignages''). Les 'houqim sont des lois qui ne possèdent pas d'explication évidente (par exemple : manger kacher) ; les michpatim possèdent des raisons sociales évidentes (par exemple : l'interdiction de voler) ; enfin, les 'édouyoth correspondent aux commémorations telles que Chabath, les jours de fêtes... Au fil des siècles, différentes autorités rabbinniques ont classifié les commandements d'une façon ou d'une autre.

Pécher

La loi juive considère la transgression d'un commandement - d'une mitswa - comme étant un péché. Le mot ''péché'' possède un sens théologique différent pour les juifs et les chrétiens. Selon le christianisme, un péché représente un délit contre D-ieu qui sépare le transgresseur de l'amour et de la grâce de D-ieu. La conséquence de cette sutuation est que la personne subit une punition, à moins qu'elle ne se repente.

Le judaïsme a une définition plus large du mot ''péché.'' De fait, ce terme est utilisé également pour des transgressions de la loi juive (Halakha) qui ne sont pas forcément un écart avec la morale. De plus, selon le judaïsme, il est évident que chaque personne pèche - un jour ou l'autre de sa vie - et que pour cette raison D-ieu adoucit toujours la justice divine avec compassion.

L'expression générique (en hébreu) pour un péché est '''avéra'' (''transgression''). Selon la Tora, il existe trois niveaux de péchés :

Pecha - un "péché intentionnel"; c'est-à-dire une action commise d'une façon délibérée contre l'autorité de D-ieu ;

'Avon - un "péché causé par un désir puissant ou une émotin incontrôlabe". Il s'agit d'un péché fait d'une façon consciente, mais pas dans le but de défier D-ieu ;

'Heth - un "péché non-intentionnel."

Les êtres humains ne sont pas parfaits et force est de constater qu'ils commettent des transgressions. C'est pour cette raison que le Créateur leur offre la possibilité de faire téchouva (se repentir ; littéralement : revenir). Cependant, les conséquences de la téchouva dépendent de la sévérité de la transgression et selon les autorités rabbiniques, certaines transgressions rendent la téchouva extrêmement difficile (par exemple : la personne qui en calomnie une autre.)

Il y a plusieurs siècles, lorsque le peuple juif possédait un système judiciaire (avec Batei Dinim et le Sanhédrin, c'est-à-dire des tribunaux et une Cour Suprême), il était possible d'appliquer des punitions physiques pour les transgressions qui l'exigent. Cependant, la condamnation d'un suspect dépendait de critères bien plus stricts de ceux de notre système judiaicaire d'aujourd'hui.

Depuis la destruction du Temple de Jérusalem (il y a environ 2 000 ans), les exécutions ne sont plus applicables. De plus, depuis la disparition des communautés juives autonomes de l'Europe de l'est, d'autres punitions ont disparu (par exemple : les coups de fouet.) De nos jours, le verdict est administré par D-ieu Lui-même.

(Traduit et reproduit avec l'autorisation de Wikinoah).

À suivre...