Bnei Noa'h et Halakha (1)


Terminologie

Le mot Halakha (loi juive) dérive du mot hébreu ''halakh'' (הלך) qui signifie "aller", d'où l'expression "aller-avancer selon la loi." Le terme Halakha peut se référer à une loi spécifique, à un corpus littéraire de textes juridiques rabbiniques, ainsi qu'à l'ensemble du système de la loi religieuse.

La Halakha est souvent mise en contraste avec la Aggada, le corpus diversifié de littérature d'exégèse rabbinique de nature descriptive, philosophique et non juridique. Cependant, dans la mesure où les auteurs de textes de Halakha s'appuyent à l'occasion sur la littérature de la Aggada, il existe un échange dynamique entre les deux genres.

La Halakha constitue l'application pratique des mitswoth 613 ("commandements") (singulier: mitswa) dans la Torah, (les cinq livres de Moïse, la «Loi écrite») telle que développée par les discussions et les débats dans la littérature rabbinique classique, en particulier la Michna et le Talmud (la "Loi orale"). Cette littérature a été codifiée par Maïmonide dans la Michné Tora et plus tard dans le Choul'han 'Aroukh (le "Code de Droit" juif) qui est la compilation des lois  applicables à notre époque.

Champ d'application

Pour la personne juive, vivre conformément à la Halakha correspond à suivre la volonté de son Créateur. En laissant la Volonté divine - comme explicité par "hakhmé ha-Massora" (les Sages ordonnés du Sanhédrin qui sont les héritiers de la tradition) - avoir une influence sur l'ensemble de son existence, la personne juive est sanctifiée.

La Halakha est un guide complet de tous les aspects de la vie humaine, à la fois matériel et spirituel. Ses lois, ses directives, et les opinions qui y sont détaillées couvrent un vaste éventail de situations et de principes. Ceci dans le but de réaliser ce qui est impliqué par le commandement biblique : « soyez saints comme Je, votre D-ieu, suis saint ». Ce guide explique les meilleures façons de vivre pour une personne juive, ce qui est implicite et compris, dans la Tora, sans être forcément mentionné d'une façon explicite dans la Tora, et ce qui a été déduit par les règles de l'exégèse.

La Halakha est définie par une grande diversité d'autorités rabbiniques. Dans la mesure où le peuple juif ne parle plus de nos jours d'une seule « voix officielle », différents individus et  communautés peuvent très bien avoir des réponses différentes aux questions halakhiques. De fait, les controverses et les débats dans la domaine de la halakha ont fourni une littérature rabbinique dont l'intérêt créatif et intellectuel est riche. À quelques exceptions près, les controverses ne sont pas réglés par les structures d'autorité car le judaïsme ne possède pas une seule hiérarchie judiciaire ou un processus d'appel en Halakha. Plutôt, chaque personne peut choisir d'observer la Halakha selon différentes courants de pensée, ou de s'associer à une communauté plus fortement structurée.

Au fil des générations - depuis 500 années avant notre ère - la Halakha s'est développée en une littérature religieuse en perpétuel mouvement, tout en tirant sa source dans le Talmud. D'abord et avant tout, elle forme un corpus d'opinions judiciaires souvent complexes, d'une législation, de coutumes et de nombreuses recommandations. Un nombre important de directives se sont transmises au fil des siècles et sont devenue une partie intégrante de la personne juive, dès les premiers jours de sa vie. La Halakha est également l'objet d'études approfondies dans les Yéchivoth.


(Tranduit avec l'autorisation de Wikinoah)