À Roch Hachana : venez vers moi ! (1)


(Ceci est la première partie d'une leçon donnée par le Rav Nathan Liebermensh, chelita. Cet article est le premier d'une série de divré Tora à propos du voyage sur la tombe de Rabbi Na'hman à Ouman pour Roch Hachana. Pour lire tous les articles, cliquez ici.)

Le Midrach Rabba, dans la paracha 'Houqath, fait référence à une discussion à propos de la mitswa de la Para Adouma (la Vache Rousse). La Tora nomme cette mitswa un « 'Hoq », c'est-à-dire une mitswa dont nous ne disposons d'explication logique. Le Midrach relève que « le Satan et les nations du monde attisent le peuple d’Israël en lui demandant : 'Quel est la signification de cette mitswa ? Quelle est sa logique ?' La réponse du Midrach est connue : 'la Tora a nommée cette mitswa un 'Hoq afin de nous faire comprendre que D-ieu nous dit, en quelque sorte : 'J'ai décrété cette mitswa et vous n'avez pas la permission de la questionner'.'»

Ce Midrach exige une explication. De fait, ne faisons-nous pas toutes les mitswoth seulement par qu'Hachem l'a décrété ? Si cela est le cas, qu'elle est la particularité de la mitswa de la Para Adouma par rapport à toutes les autres mitswoth de la Tora ?

Au-delà de l'entendement humain

Sans doute, pouvons-nous formuler la réponse suivante : toutes les autres mitswoth possèdent un minimum de rationalité et de compréhension que nous pouvons saisir. Cependant, la logique à la base de la Para Adouma nous est entièrement cachée et l'entendement humain ne peut d'aucune façon comprendre son véritable sens.

Par conséquent, les nations du monde poursuivent et attaquent le peuple d’Israël en lui posant la question : « Pour quelle raison brûlez-vous cette vache ? À quoi peut bien servir la mise en poudre de ses cendres et leur aspersion, etc.» Nous connaissons la réponse : Hachem a décrété cette mitswa et nous n'avons pas la permission de nous enquérir sur sa logique.

Ceci concerne la Para Adouma – à propos de laquelle nous ne possédons aucune compréhension – qui avait le pouvoir de purifier de la forme la plus élevée d'impureté : celle de la Toumath Meth, l'impureté acquise au contact d'un corps. De fait, lorsque cela se produisait, la seule façon de se purifier consistait à se servir des cendres de la Para Adouma, c'est-à-dire de la Vache Rousse.

Nous trouvons un concept similaire en ce qui concerne le Roch Hachana de Rabbi Na'hman. Le plus souvent, les conseils du Rabbi étaient présentés avec une grande variété de raisons et d'explications. Certes, la clé de leur efficacité repose sans le moindre doute sur la foi que nous devons avoir en chacun de ces conseils ; cependant, une personne qui désire comprendre une certaine part de leur logique peut trouver une grande satisfaction dans sa recherche et se convaincre sans difficulté de leur aspect de vérité absolue.

En réalité, le Rabbi attend de nous que nous fassions notre possible pour étudier en profondeur ses conseils et que nous les comprenions, chacun selon son niveau. En même temps, nous devons nous souvenir que malgré notre intelligence – aussi grande soit-elle – ce que nous pouvons en comprendre ne représente rien par rapport à leur véritable grandeur et au sens qu'en donnait Rabbi Na'hman.

L'exception à cette règle est le Roch Hachana du Rabbi. Cela peut être comparé à la mitswa de la Para Adouma. En quelque sorte, c'est un peu comme si Rabbi Na'hman nous disait : « J'ai décrété un 'Hoq et vous n'avez pas la permission de connaître la raison.» En ce qui concerne son Roch Hachana, le Rabbi n'a pas fourni de raison précise ni d'explications détaillées, comme il le faisait souvent pour ses autres conseils. Même les leçons du Likouté Moharan dans lesquelles Rabbi Na'hman discute de la grandeur d'être avec le Tsadiq pendant Roch Hachana incluent des idées extrêmement élevées et qui dépassent de loin notre compréhension.

Un des exemples de la particularité du Roch Hachana du Rabbi – et que nous ne retrouvons dans aucun de ses autres conseils – est l'expression « chaque personne qui croit en moi et qui entend mon appel doit venir me rendre visite à Roch Hachana.» Lorsque nous essayons de convaincre un individu à propos d'une idée spécifique – et avec l'espoir qu'il nous comprenne – nous n'utilisons généralement pas les concepts de foi et de croyance. Plutôt, nous nous efforçons d'expliquer cette idée de toutes les façons possibles et imaginables. Cependant, en ce qui concerne Roch Hachana, le Rabbi utilise l'expression unique : « chaque personne qui croit en moi.» La raison est que nous n'avons aucune idée de la signification réelle du Roch Hachana de Rabbi Na'hman. Tout dépend des paroles prononcées par le Rabbi : « Si vous croyez en moi, venez me rendre visite à Roch Hachana...»

Rav Nathan Liebermensh, chelita.