Yom Kippour : vaincre l'animal qui est en nous

vaincre l'animal qui est en nous

Nous possédons tous deux aspects : l'humain et l'animal. Le premier aspect fonctionne lorsque nous pensons à Hachem et que nous essayons de suivre Sa volonté. Le deuxième fait surface lorsque nous oublions le premier et que nous laissons nos désirs nous guider.

Humain, animal kacher et animal non kacher

Une âme juive qui prie, qui fait des mitswoth et qui s'efforce de se rapprocher du Créateur est une âme qui vit. Heureux est le corps dans lequel elle réside ! L'homme est âme et son corps n'est qu'une enveloppe qui l'entoure. Une personne qui vit entourée de Sainteté possède réellement le statut d'être humain. C'est pour elle que D-ieu a créé l'univers.

Une personne qui vit à l'extérieur de la Sainteté est un animal. Cela ne signifie pas qu'elle soit un animal non kacher. De fait, elle peut également prier trois fois par jour, mettre ses téfilines chaque matin... Cependant, si cette personne laisse ses désirs et ses instincts lui indiquer la marche à suivre dans sa vie, elle est un animal; un animal kacher. Manger en quelques minutes quatre assiettes de spaghettis ou quatre morceaux de pizza n'est pas digne de l'être humain. Si nous ne pouvons pas nous retenir devant la nourriture, nous perdons ce statut.

Il y a plus grave. La personne qui transgresse la Volonté divine a donné les clés de sa vie à son cœur, sans laisser aucune raison la guider. Non seulement cette personne n'en est plus une, mais elle n'est même pas un animal kacher : ses transgressions lui interdisent ce rang pourtant peu enviable. Ainsi, notre choix de vie oscille entre trois choix : revêtir le statut d'être humain, celui d'un animal kacher (qui respecte la Volonté divine) ou d'un animal non kacher (dont les transgressions sont nombreuses.)

Si nous jeûnons à Yom Kippour, c'est précisément pour mieux maîtriser notre aspect animal. À propos du verset (Genèse 2:15) : « L'Éternel-D-ieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le soigner», le Zohar (1:27) pose la question suivante : « D'où D-ieu prit-il l'homme ?» Et le Zohar de répondre : « De ses désirs.» Hachem fit cela pour placer l'homme dans le jardin d’Éden. Si l'homme suit la Volonté divine, il est le maître de ses désirs. Le Maître du monde agit de la même façon avec chaque personne qui se repent de ses fautes et qui étudie la Tora.

C'est la raison pour laquelle nous nous éloignons et retirons de tous les désirs le jour de Yom Kippour : cela nous permet de maîtriser notre aspect animal. Parmi les plaisirs qui sont interdits à Yom Kippour, deux font partie de ceux qui sont les plus difficiles à dominer : les plaisirs de manger et des relations conjugales. Cependant, grâce à notre maîtrise, nous retrouvons notre statut d'être humain.

Ceci est une vérité fondamentale dans notre relation avec D-ieu : chaque individu doit dominer et diriger son aspect physique, c'est-à-dire son aspect animal. C'est sa raison qui doit l'emporter, plutôt que ses instincts dits « naturels.» À Yom Kippour, c'est à notre statut d'animal que nous devons dire adieu ; en même temps, nous devons redoubler notre volonté d'atteindre le statut d'être humain et de dominer notre corps et ses envies.

Que la vie est belle celle des individus qui apprennent à dominer leur aspect animal. Détachés du matériel, ils peuvent goûter aux plaisirs spirituels éternels que leur réservent le Créateur. Puissions-nous tous prier à Yom Kippour pour atteindre ce niveau. Amen !

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haim, Halakhoth Yom HaKippourim, 1:4)