Un chandelier vivant


La fête de Soukoth (des cabanes) que nous célébrons cette semaine nous offre – comme chaque année – l’opportunité de réaliser une mitswa particulière : celle de construire et de vivre dans la souka. Même si nous ne le sentons pas, la sainteté qui règne dans la souka est extrêmement élevée. Ceci place cette cabane fragile et provisoire dans une catégorie à part : celle des chances uniques que nous avons de nous rapprocher à grands pas de D-ieu, en faisant le minimum d’efforts.

Une cabane et un chandelier

Dans nos écrits saints, la souka est comparée à la ménora (chandelier) qui se dressait dans le Temple de Jérusalem. La particularité de la ménora était de posséder sept branches. La lumière qu’apportait ce chandelier était unique : elle éclairait l’endroit le plus saint du Temple, à quelques mètres de l’endroit où reposaient les Tables de la Loi que Moché avait reçues de D-ieu sur le Mont Sinaï.

Nos Sages nous ont appris que chaque personne juive est l’équivalent d’une ménora. La sainteté de cet objet – dont le Kohen (prêtre) était chargé d’allumer les lumières chaque jour – est liée à celle de l’âme juive. Dans les deux cas, existe l’obligation de rester éloigné de toute forme d’impureté et de propager la lumière de la Tora.

Le lien entre la ménora et le peuple juif n’est pas anodin. Si Hachem nous a appelés “la lumière des nations” (Isaïe, 42 :6), ce n’est que pour mettre l’accent sur notre devoir de suivre les Commandements divins. En l’absence de ce lien, notre lumière est celle du mensonge et de l’orgueil. C’est dans cette situation que les peuples du monde nous reprochent cette appellation aux aspects de vantardise. Cependant, si nous restons collés à Hachem, notre lumière est chargée d’une telle sainteté qu’aucun ennemi ne peut nous atteindre.

La sainteté de la souka – ajoutée à celle de notre âme – doit nous motiver à tenir le rang que le Créateur nous a confié. Loin de devoir être le Saint de notre génération, nous devons plutôt surveiller toutes les formes d’impureté qui pourraient entrer en nous, comme les prêtres devaient s’assurer que la ménora ne devienne pas impure en touchant une matière interdite.

Un chandelier vivant

Si le peuple juif est comparé à une lumière, c’est sans doute parce que la lumière de notre âme est forte. Nous l’avons sans doute oublié depuis longtemps et la situation du monde dans lequel nous vivons ne nous aide certainement pas à nous en souvenir. Malgré tout, la comparaison entre la ménora et chaque personne juive va au-delà du simple exercice stylistique.

Si le chandelier du Temple possédait sept branches, chaque personne juive possède sept ouvertures qui en sont l’équivalent : les deux ouvertures des oreilles, les deux du nez, les deux des yeux et celle de la bouche. Ce sont ces sept ouvertures qui nous permettent d’être comparés à une ménora vivante.