Lire les Téhilim (Psaumes) 7:15

Lire les Téhilim (Psaumes) 7:15

“Voyez, [le méchant] ourdit l'iniquité ; il conçoit le mal et enfante le mensonge.” (Psaumes 7:15)

Voici le comportement du méchant révélé au grand jour par le Roi David. Son signe distinctif n'est pas toujours de rejeter d'une façon ouverte la Volonté divine ; de fait, certaines personnes peuvent sembler servir D-ieu d'une façon admirable, mais être en réalité des récha'ïm (personnes méchantes). Plutôt, ce qui caractérise le racha' est sa volonté de s'opposer aux individus qui suivent le chemin du rapprochement avec Hachem.

Une situation dangereuse

Dans le quotidien, nous faisons souvent une distinction entre deux groupes de personnes : celles qui semblent avancer sur le chemin de la Tora (de l'étude, de la pratique des mitswoth...) et les autres qui paraissent avoir adopté une façon de vivre différente, similaire à celle des non juifs, qu'à D-ieu ne plaise. Cette distinction est trop simpliste et ne correspond pas à la réalité bien plus complexe de notre monde.

Un homme marche-t-il dans la rue sans kippa et en l'absence complète de signe distinctif de l'âme juive ? Pourtant, cet homme se rend trois fois par jour à la synagogue afin d'y prier ! Un individu porte-t-il sur lui tous les signes du serviteur de D-ieu (kippa, tzitzith, barbe...) ? Pourtant, lorsqu'il se trouve loin de chez lui – et certain que personne de son entourage ne le voit – il commet les pires actes, que D-ieu nous garde. En aucun cas, nous ne devrions accorder une importance accrue aux vêtements des personnes que nous croisons. Ceux-ci peuvent s'avérer n'être qu'un costume.

Chacun d'entre nous sait où il se situe dans sa relation avec Hachem. Avec un minimum d'honnêteté, il n'est pas très difficile de se rendre compte que nous ne sommes pas un Tsadiq, ni une personne qui peut en inspirer des milliers d'autres. Nos faiblesses et nos erreurs fréquentes nous empêchent de nous adresser la tête haute au Créateur en prétendant être parfait.

Pourtant, il est un statut auprès duquel nous ne désirons pas nous retrouver : celui de racha'. Afin de ne pas franchir la limite qui nous sépare des récha'im, nous devons faire attention à une chose : ne pas désirer détruire ce que d'autres construisent afin de se rapprocher de D-ieu. Peu importe les différences qui existent entre ces personnes et nous : aussi longtemps que nous ne pointons pas un doigt accusateur à leur encontre – ou une langue empoisonnée – nous ne tomberons pas dans le piège des forces du mal qui désirent notre perte.

Dire du mal des personnes qui essaient de suivre les voies de D-ieu ; dénoncer des comportements que nous ne comprenons pas ; accuser les uns ou les autres de mal se comporter... toutes ces activités sont dangereuses et le plus souvent à proscrire entièrement de notre quotidien. Si nous pensons sincèrement avoir une raison valable de nous prononcer à propos d'une tierce personne, allons-donc demander à un Rav ce qu'il en pense ! C'est une autorité rabbinique qui pourra effectivement nous dire si nous faisons bien en pensant élever la voix.

C'est à sa façon de parler qu'il est le plus souvent facile de reconnaître un racha'. Ses mots déversent leur fiel à l'encontre de tel ou tel Rav, de tel ou tel groupe de « religieux », de telle ou telle catégorie de juifs. Lorsque nous entendons ces mots, il n'existe qu'une seule issue : nous enfuir et rompre tous les liens que nous avions avec cette personne. Le méchant est à fuir et si nous le faisons pas, nous sommes coupable de faiblesse devant D-ieu.

L'iniquité, le mal et le mensonge ne doivent pas être nos compagnons de vie : ni dans nos actions, ni dans les paroles que nous entendons. Assurons-nous de les tenir éloignés de nous et de garder une bouche propre. Si nous ne parvenons pas à formuler des compliments à l'encontre de certaines personnes, restons au moins silencieux ! Nous aurons évité de nous apparenter à un groupe d'individus mauvais et qui signent leur propre arrêt de mort.

À suivre...