Des roses un chat et un écho


En arrosant les fleurs de son jardin, Steve découvrit un jour un petit chat qui s'était réfugié entre les rosiers et les tulipes. À sa vue, il eut un mouvement de recul ; ce n'est pas que Steve n'aime pas les chats, mais il connaît bien leurs habitudes. Son jardin est bien ordonné et il n'avait pas envie d'y voir un chat y faire ses besoins, ramener de la nourriture des poubelles avoisinantes...

Une entente implicite

Après avoir réfléchi à la situation, Steve décida ce qu'il ferait : il accepterait le chat dans son jardin, mais s’interdisait de le nourrir. De la sorte, il limiterait les aliments qui joncheraient sur sa pelouse. De fait, le chat prit l'habitude de venir dormir dans le jardin – entre les rosiers et les tulipes – sans prêter la moindre attention au propriétaire des lieux : il savait qu'il n'avait rien à craindre de lui, ni rien à recevoir.

Cependant, Steve se prit d'affection pour le petit chat et commença à lui donner de temps en temps à manger. Le chat ne fut pas long à comprendre : lorsqu'il voyait Steve sortir dans son jardin sans faire attention à lui, il ne levait même pas la tête : il savait qu'aucun aliment ne lui était destiné. D'autre part, s'il entendait Steve taper des mains, il bondissait comme une flèche : il savait qu'un morceau de poulet ou qu'un bol de lait l'attendait. En d'autres termes, la réaction du chat faisait écho à l'attitude du propriétaire des lieux.

Lorsque nous transgressons la Volonté du Créateur – que D-ieu nous préserve – nous sommes à l'image de Steve qui se promène dans son jardin pour le plaisir. Les forces du mal – qui dans notre histoire sont symbolisées par le chat – ne nous accordent que peu d'attention. Celles-ci savent qu'en nous éloignant nous-mêmes d'Hachem, nous faisons leur travail à leur place. Pour quelle raison se déplaceraient-elles ?

Cependant, lorsque nous décidons de changer de direction et de nous rapprocher du Maître du monde, cela ne fait pas leurs affaires. À la vue de notre comportement marqué de Sainteté, les forces du mal se réveillent afin de contrer nos projets. Ainsi, si tout le monde sait ce qu'est un écho, nous devons savoir qu'il existe également un écho spirituel : le réveil des forces de la mort à notre réveil spirituel. Ceci ressemble au chat de notre histoire qui bondit comme un tigre en entendant le propriétaire du jardin claquer des mains.

Nous comprenons maintenant la raison pour laquelle chaque réveil spirituel est suivi d'un réveil des forces du mal. Untel a décidé de respecter dorénavant le Chabath et de ne plus travailler le jour le plus saint de la semaine ? Son patron le licencie quelques jours après ! Un autre préfère désormais manger comme un juif et honnir de sa table les aliments qui ne sont pas kachers ? Ses parents le menacent de le mettre à la porte s'il refuse de manger à leur table ! Etc. Dans tous ces cas, le réveil spirituel de la personne à causé un écho : celui des forces de la mort qui se réveillent également afin de l'attaquer.

Trop souvent, nous prenons ce réveil des forces du mal comme un signe envoyé du Ciel pour nous faire comprendre que nous ne suivons pas le bon chemin. « N'avais-je pas pris la décision de faire Chabath ? Tu vois bien que le Ciel n'approuve pas ma décision : j'ai été licencié la même semaine ! Si D-ieu était avec moi, Il n'aurait pas permis cela.» ; « Ne voulais-je pas manger kacher ? Si le Ciel avait approuvé ma décision, il aurait fait en sorte que mes parents me comprennent ! »

Il n'y a rien de plus faux que ces raisonnements : ils ne sont pas envoyés par le Ciel, mais par le mauvais penchant qui cherche à nous faire abandonner nos projets saints. Les réactions quelques fois peu aimables de notre entourage – ainsi que les évènements souvent pénibles – que nous devons subir suite à notre volonté nouvelle de vouloir nous rapprocher de D-ieu doivent être considérés pour ce qu'il sont : un écho spirituel, ni plus ni moins. Plutôt que de baisser les bras, remontons-nous les manches : redoublons d'ardeur et prions le Ciel de nous aider dans ce combat suprême. Nous en sortirons vainqueurs, à coup sûr !