Bnei Noa'h : quelques mitswoth (2)


De tous ces exemples (appris dans un article précédent), nous apprenons qu'il n'est par suffisant que le cœur d'une personne lui dise qu'elle doit agir de telle ou de telle manière. Cette volonté doit être accompagnée d'une action particulière qui traduira dans les faits le désir du cœur. La croyance et le désir d'être proche de D-ieu – et les actions qui leur sont liées – doivent être menés selon les préceptes (Mitswoth) que D-ieu a exposés dans la Tora.

Il peut arriver qu'un processus inverse se produise. Dans ce cas, des actions extérieures (qui ne sont pas liées ou contrôlées par l'individu) influencent le mode de pensée d'une personne, tel que cela a été expliqué dans le Sefer Ha'Hinoukh # 16. Dans cet ouvrage, il est expliqué la raison pour laquelle la Tora inclut un si grand nombre de préceptes :

« Il faut savoir qu'une personne est gouvernée par ses actions. Son cœur et toutes ses pensées sont influencées par les actions qu'elle mène, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Même la personne méchante – dont les pensées sont dirigées vers le mal qu'elle fait chaque jour – si elle commençait à étudier la Tora et les Mitswoth (et même si son intention n'était pas de les faire par respect pour D-ieu), elle commencerait à agir d'une façon plus positive.»

« La raison est que le cœur suit la voie qui lui est montrée par les actions. Cela est identique dans le cas d'une personne pieuse qui vit selon la Tora et les Mitswoth, mais qui gagne sa vie d'une façon douteuse, ou si – par exemple - cette personne est forcée par une autorité quelconque de diriger ses affaires d'une telle façon. En fin de compte, cette personne deviendra mauvaise.»

Dans l'ouvrage « Messilat Yecharim » (ch. 7), il est écrit : « L'empressement est rendu possible par un enthousiasme intérieur chez une personne. Cependant, même si une personne ne ressent pas cet enthousiasme intérieur, elle doit poursuivre ses activités et ne pas ralentir la cadence. C'est cette attitude qui fera naître en elle l'enthousiasme auquel nous faisons référence. Cela s'explique par le simple fait que des actions extérieures se traduisent en actions intérieures. »

Dans son commentaire à propose de Pirqé Avoth, le Rambam écrit : « Si une personne désire donner un certain montant en charité, il est bien de partager ce montant en petites quantités et de le donner à intervalles réguliers, plutôt qu'en une seule fois. En agissant ainsi, cela aura un impact plus grand sur la personne que si elle avait donné son argent en une seule fois. Cela est important à faire, même si cela résulte à investir plus de temps et d'énergie. »

Sortir du trou

Les actions menées par une personne doivent l'être dans le but de suivre les commandements du Créateur dans la mesure où ce sont eux qui élèvent l'individu. Le Maharal de Prague a écrit : « Les commandements de la Tora peuvent être comparés à une corde par laquelle une personne est sortie d'un trou ou d'un puits. Cette personne est extraite des niveaux les plus bas en direction des plus hauts du monde. Plus la personne en fait, plus elle s'éloigne du matérialisme ; ceci lui permet à son tour de s’asseoir aux côtés du Maître du monde.» (Tiféret Israël, ch. 4)

En hébreu, la racine du mot « Mitswoth » signifie « Unir » et « Lier.» Cela nous apprend que chaque mitswa unit et lie la personne au Créateur du monde (Tanya). Dans le Tanna d'béEliyahou (ch.9), il est écrit : « Je témoigne devant le ciel et la terre, Israël et les nations, l'homme et la femme (…) que l'Esprit saint repose sur la personne, selon ses actions.»

Respecter les commandements de la Tora construit le caractère d'une personne et l'élève à un niveau de perfection, tel qu'il est écrit (Deutéronome 4:14) : « Quant à moi, l'Éternel m'ordonna en ce temps-là de vous exposer des lois et des statuts, que vous aurez à observer (la'assotékhem)...» [En hébreu ce verbe signifie également « (se) construire ».]

Le mot la'assotékhem nous apprend que les lois et les statuts – les mitswoth – construisent une personne ; ainsi, ces lois et ces statuts ne signifient pas seulement qu'ils doivent être respectés. Cela est la raison pour laquelle ce verset est écrit de cette façon. Une personne doit être éduquée à propos de la façon dont elle doit mener et construire sa vie, et ceci depuis la plus tendre enfance. Chaque personne documentée sur la littérature qui aborde l'éducation des enfants, sait très bien l'importance qui est accordée à l'apprentissage, dès le plus jeune âge. D'autre part, même une personne qui a atteint l'âge adulte doit contrôler son comportement si elle désire réellement découvrir qui elle est et le sens profond de son existence.

Les lois pour Bnei Noa'h sont logiques. De nombreuses personnes intelligentes seraient sans le moindre doute d'accord sur leur utilité. Cependant, ceci n'est pas suffisant. Nous devons nous souvenir qu'il faut faire les commandements de D-ieu parce que c'est Lui qui nous l'a demandé. Ils furent donnés à Adam et à Noa'h et ensuite au Mont Sinaï. Une partie de la Tora fut donnée au peuple juif – en sa qualité de Nation sainte de prêtres (Exode 19:2) – au Mont Sinaï. Le reste de la Tora fut donné à l'humanité entière. Dans son livre « Melakhim - Rois » (8:11), le Rambam a écrit :

« Chaque individu qui s'accorde à suivre les sept Mitswoth des enfants de Noa'h (Noé) – et les applique d'une façon attentionnée – est une personne non juive pieuse. Cette personne possède sa part dans le Monde à venir ; cela signifie qu'elle respecte ces commandements parce que D-ieu lui a ordonnée dans la Tora, par l'entremise de Moïse. Cependant, si ces sept Mitswoth sont suivies simplement parce que la personne estime que cela est nécessaire, elle n'est pas un Guer Tochav (un résident non juif en Israël), ni une personne non juive pieuse, ni un de leurs Sages.»

« Les Mitswoth nous ont été transmises sous la forme d'un certain ordre à respecter. Cependant, nous devons les accepter dans la joie. Une personne doit accepter les Mitswoth avec amour. En dépit des difficultés qui peuvent surgir lorsqu'on désire les suivre, chaque individu doit les respecter. Ceci possède également une valeur éducationnelle.»

Rabbi Yoël Schwartz (Tribunal de Jérusalem pour Bnei Noa'h)