Roch Hachana à Ouman ?


L'année dernière, peu de temps avant Roch Hachana (le jour de l'an juif), j'avais écrit – pour Breslev Israël – que passer Roch Hachana à Ouman (Ukraine) – sur la tombe de Rabbi Na'hman est certainement une grande chose, mais qu'il fallait s'y rendre après avoir pris quelques précautions.

Les trois précautions auxquelles je faisais référence étaient : 1) S'assurer qu'on ne s'endettera pas afin de payer le coût du voyage ; 2) Que les enfants qui resteront à la maison ne seront pas laissés à eux-mêmes et 3) L'avis favorable de la femme est indispensable. Cette année encore, je reçois beaucoup de demandes sur l'utilité d'aller à Ouman et il me semble qu'un rappel est nécessaire.

Les enfants passent avant Ouman

Avez-vous essayé de faire réciter les Téhilim à vos enfants ? Le plus souvent, après deux ou trois chapitres, une maladie soudaine et inconnue semble s'emparer d'eux : perte rapide d'énergie, sautillement incessant, lecture difficile… En moins de quelques minutes, la séance de Téhilim devient impossible à poursuivre et… nous nous retrouvons seuls avec une interrogation lancinante : “Mon enfant est-il normal ?”

Je vous rassure : votre enfant a toutes les chances d'être normal. Pour ma part, il y a bien longtemps que je ne compte plus les paragraphes récités par mes enfants : cela me déprime trop ! Plutôt, je compte les versets. M'exclamer : “15 !” ; “25 !”, ou les bons jours : “40 !” me redonne de la force. Dans les cas extrêmes, je conseille même de compter les mots récités.

Dans tous les cas, en tant que parents, nous savons que les prières, l'étude et tout ce qui est lié au Service de D-ieu nécessite du temps pour entrer en nous ; cela n'est donc pas étonnant que nos enfants aient quelques difficultés à trouver un enthousiasme débordant lorsqu'ils parlent à Hachem.

Quel rapport existe-t-il entre les Téhilim et Ouman ? Les pères qui ont déjà amené leurs garçons sur la tombe de Rabbi Na'hman le savent : les prières n'y sont pas plus faciles que dans notre synagogue habituelle. En fait, le nombre impressionnant de personnes qui ont fait le voyage, le bruit quelques fois assourdissant… tout rend les choses plus difficiles.

C'est dans ce contexte que nous devons passer une semaine avec nos enfants. Est-ce bien ? Tout cela est-il dans leur intérêt ? Je pense à ces enfants que leur père amène au Parc Sofia. Rempli de vacanciers ukrainiens en petit tenue (le climat est souvent clément à cette période de l'année), les garçons assistent à un triste spectacle. Les mœurs ukrainiennes n'entrent certainement pas dans les standards décrits par la Tora ! Cela les aidera-t-il dans leur relation avec Hachem ? Je ne le pense pas.

Que dire aussi des pères qui prient… sans savoir où se trouvent leurs garçons ? Pensent-ils sincèrement qu'ils sont en train de dire des Téhilim à deux pas de la tombe de Rabbi Na'hman ?

Soyons clairs : sous aucun prétexte, Rabbi Na'hman ne nous a demandé de faire des bêtises et encore moins de transgresser les règles les plus fondamentales de l'éducation pour nos enfants.

Ainsi, il est peut-être plus sage d'attendre que nos garçons aient atteint un âge plus mûr pour les amener à Ouman. Certes, si nous pouvons les amener une fois avant l'âge de sept ans, nous aurons accompli quelque chose de bien. Cependant, les amener chaque année pour Roch Hachana n'est sans doute pas la meilleure des choses. Ils auront le temps, après la Bar-Mitswa de se rendre chez le Tsadiq et de goûter aux joies des voyages spirituels.