Paracha Ki Tétsé - Rabbi Nathan de Breslev


“Une femme ne doit pas porter le vêtement d'un homme, ni un homme s'habiller d'un vêtement de femme.” (Devarim 22:5)

Nous pouvons utiliser la mitswa décrite dans ce verset pour faire référence à ce que nous apprend Rabbi Na'hman de Breslev – dans le Likouté Moharan I:20 – à propos de l'attitude correcte qu'il faut avoir lorsque nous prions. Selon le Rabbi, nous devons prier pour obtenir la Compassion divine et nous devons formuler nos demandes à l'image d'une personne pauvre à la recherche d'un morceau de pain. En aucun cas, nous ne devons mentionner nos bonnes actions.

C'est seulement lorsqu'une congrégation se réunit qu'il est possible de faire référence aux bonnes actions : afin de soumettre le mauvais penchant qui pourrait se trouver au sein de la congrégation. Cependant, lorsque nous prions seuls, nous devons nous tenir comme se tiennent les pauvres et les mendiants et implorer D-ieu.

Ainsi, lorsque la Tora nous enseigne qu'“une femme ne doit pas porter le vêtement d'un homme, ni un homme s'habiller d'un vêtement de femme”, cela signifie que lorsque nous prions seuls, nous devons nous tenir comme se tiennent les pauvres, parler et exprimer nos demandes d'une façon humble. En aucun cas, nous devons mentionner ou nous servir de nos bonnes actions.

Ceci ressemble à une femme, à sa faiblesse physique (comparée à celle d'un homme) et à son discours moins dur que celui utilisé le plus souvent par un homme lorsqu’elle parle. Ceci est la raison pour laquelle un homme doit acquérir un aspect de la femme lorsqu'il prie seul. En agissant de la sorte, il revêt les vêtements du “receveur”, comme une femme qui reçoit sa subsistance de son mari.

Ne pas mentionner nos bonnes actions

Cela signifie que nous ne devons pas utiliser la force de nos bonnes actions pour obtenir ce que nous désirons lorsque nous prions seuls. Plutôt, nous devons penser que notre faiblesse est grande et que nous ne possédons aucune force par nous-mêmes. C'est pour cela que nous devons prier à voix basse et formuler nos demandes comme le font les personnes pauvres et les mendiants.

Ceci correspond à l'interdiction pour “une femme de porter le vêtement d'un homme.” C'est-à-dire : lorsque nous prions seuls, nous devons prendre sur nous l’aspect de “femme” et nous ne devons pas nous revêtir de l’aspect “d’un homme.” En aucun cas, nous devons utiliser la force et la puissance de nos bonnes actions.

Il y a une allusion similaire dans le cas inverse d’un “homme [qui ne doit pas] s'habiller d'un vêtement de femme”. Cela signifie qu’au moment où la congrégation se réunit pour prier, nous devons assumer l’aspect d’un “homme”, c'est-à-dire se tenir droit comme un homme et utiliser la force de nos bonnes actions afin de soumettre le mauvais qui pourrait s’être glissé au sein de la congrégation.

À cet instant, nous ne pouvons pas porter le “vêtement d’une femme.” Plutôt, nous devons revêtir nos habits de puissant guerrier et laisser de côtés les vêtements qui pourrait nous faire ressembler à une femme et à son côté de faiblesse.

La règle générale est la suivante : nous devons faire attention lorsque nous prions et ne pas nous tromper en inversant les deux aspects distincts de l’attitude à avoir lors de la prière. Lorsque nous prions seuls, nous devons nous tenir comme se tient une personne pauvre : nous ne devons pas utiliser la force et la puissance de nos bonnes actions.

D’autre part, lorsque nous prions au sein d’une congrégation, nous devons soumettre le mal qui a pu y pénétrer et nous tenir droit comme un guerrier. Il ne faut surtout pas inverser ces attitudes ! Il est fait allusion à tout cela dans le verset cité ci-dessus.

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Yoré Dé’a, Hilvhoth LoYilbach Guever, 2)