Paracha Choftim - Rabbi Nathan de Breslev


“Si tu es impuissant à te prononcer sur un cas judiciaire, sur une question de meurtre ou de droit civil (…), tu te rendras à l'endroit qu'aura choisi l'Éternel, [au Temple].” (Devarim 17:8)

“Lorsqu'une personne désire emprunter le chemin de la téchouva (du repentir), elle doit être experte en halakha (la loi juive).”

Une personne doit constamment s'attacher à Hachem, peu importe qu'elle soit dans une montée spirituelle ou… dans une descente. Il s'agit d'un principe fondamental dans le chemin de la téchouva (du repentir).

Il est vrai que l'essentiel dans cette expertise dont il est fait référence ci-dessus, consiste en la simplicité et en la sincérité de tout cœur. Cependant, cette simplicité et cette sincérité doivent être profondes et merveilleuses afin de pouvoir pénétrer réellement le cœur du commun des mortels. C'est pour cela qu'il est dit : “si tu es impuissant à te prononcer (…) tu te rendras [au Temple].”

Le Temple qui prônait autrefois à Jérusalem était la source principale de la halakha pour le peuple juif. C'est dans le Temple que siégeait le Grand Sanhédrin qui était le Tribunal suprême du Royaume d'Israël. Nous savons que l'essentiel du savoir qu'il est possible d'acquérir dans le domaine de la halakha consiste à obtenir une vision claire de la loi juive et la façon de la mettre en pratique. De fait, la “pratique est le plus important, et non l'élaboration.”

Ainsi, chaque personne qui désirait connaître les voies de D-ieu – c'est-à-dire la façon de Le servir – devait se rendre au Temple et accepter les paroles et les verdicts du Tribunal suprême qui y siégeait.

De nos jours, tandis que le Temple est en ruine à cause de nos nombreux péchés, la principale rectification spirituelle s'opère grâce aux véritables Tsadiqim. Ceux sont eux qui personnifient Moché Rabbénou et le Temple. De fait, lorsqu'une personne fait entièrement confiance en les Tsadiqim, cela est un peu “comme si le Temple était reconstruit durant son époque.”

Se rapprocher des Tsadiqim

Cependant, nous devons accepter le mépris et l'humiliation avant de mériter de nous rapprocher des véritables Tsadiqim. De plus, même après que ce rapprochement ait eu lieu, ce mépris et cette humiliation subsistent. Une personne peut même subir une douleur encore plus grande à cause de la colère et de la méticulosité que son Rabbi peut éprouver à l'occasion à son égard, même si en agissant de la sorte, le Rabbi ne cherche que le bien de son élève.

Ce sont de telles situations qui nécessitent que nous soyons experts en halakha, c'est-à-dire une expertise qui nous permet de rester attachés à D-ieu, peu importe notre niveau spirituel et même si nous nous trouvons dans les niveaux inférieurs de l'enfer. Ce type d'étude est extrêmement profond. Chaque personne doit s'appliquer à persévérer et à fréquenter les halls d'étude dans lesquels la halakha est l'objet d'une grande attention. Cette persévérance doit se poursuivre jusqu'au moment où cette personne est devenue capable de mettre son étude de la halakha en pratique d'une façon satisfaisante.

La principale raison de la longueur excessive de notre exil est que nous n'essayons pas de nous rapprocher des véritables Tsadiqim et d'apprendre d'eux cette expertise. C'est pour cela que nous devons tous chercher un Rabbi qui nous permettra d'apprendre cette expertise irremplaçable. La difficulté de cette recherche réside dans le fait que chaque grand Rabbi et leader ne mérite toujours pas un tel savoir.

Grâce à nos efforts, nos requêtes et notre recherche pour le véritable Tsadiq – et après avoir souffert le mépris et l'humiliation qui les accompagnent – nous pourrons atteindre la téchouva complète, grâce à notre acceptation de son expertise en halakha.

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Birkath Hapéroth, 5:13, de Rabbi Nathan de Breslev, selon le “'Otzar Ha-Ira, Tsadiq, 49).