Les prières des Séli'hoth (4)


(Ceci est le 4ième et dernier article de notre série à propos de Séli'hoth. Pour lire le 3ième article, cliquez ici.)

Un des moments importants de la récitation des Séli'hoth est lorsque nous déclarons à voix haute les treize attributs de clémence de D-ieu. Nous commençons cette liste en citant à deux reprises le Nom d'Hachem. Selon la Guémara Roch Hachana 17b, cette répétition du Nom divin nous apprend qu'Hachem fait preuve de clémence envers les personnes, avant qu'elles pèchent et après qu'elles aient péché.

S'il est facile de comprendre l'importance de la Clémence divine envers celui ou celle qui a fauté, on peut se demander pour qu'elle raison D-ieu a besoin d'être clément envers nous avant la faute : en fin de compte, nous n'avons encore rien fait ! Si nous comprenons la réponse à cette question, notre perception de la vie en sera grandement changée.

Rien n'est dû au hasard

Nous pensons souvent que le hasard a sa place dans les affaires du monde et également dans notre vie. Lorsque nous commettons une faute – alors que notre intention était pure – nous comprenons cela comme un manque de chance et en aucun cas, nous ne réfléchissons sur la nature de nos actions qui pourrait expliquer cette faute. Cette attitude possède un avantage : elle nous déculpabilise et garde notre moral intact. Pourtant, elle nous dissimule la vérité et ce qui devrait être l'objet d'une réflexion profonde de notre part.

Il est faux de croire que certaines choses arrivent par hasard ou sans raison apparente. Si nous apprécions pleinement le concept de Volonté divine – c'est-à-dire que rien n'arrive dans le monde sans qu'Hachem le veuille – nous devons arriver à la conclusion évidente : le hasard est une invention d'un esprit en manque d'émouna (de foi) et qui désire expliquer la gouverne du monde par les règles de la nature, de la logique ou du petit bonheur la chance.

En récitant les prières des Séli'hoth, nous déclarons à D-ieu que c'est Lui le Gouvernant suprême de l'univers, dans tous ses aspects. Ainsi, il n'y a absolument aucun hasard dans notre façon de faire et de vivre. Même dans les cas où il semble difficile de donner une raison précise à un geste ou à une action, nous devons avoir l'émouna qu'ainsi l'a voulu Hachem, pour une raison connue de Lui seul.

Si nous fautons d'une façon involontaire, il est de notre devoir d'en chercher la raison. Si nous ne parvenons pas à trouver l'origine de cette faute, nous devons implorer D-ieu pour qu'Il nous garde à l'avenir de fauter de la sorte. Si notre prière s'accompagne d'une volonté réelle de notre part de redoubler d'ardeur dans notre Service divin, nous avons de grandes chances d'être écoutés. Si ce n'était que pour cela – un rapprochement renouvelé du Divin – il nous devient possible de citer au moins une raison à la faute que nous avons commise !

Voici la leçon à retenir qui doit guider notre téchouva (repentir) en cette fin d'année et rester à nos côtés l'année à venir : vouloir nous renforcer dans notre relation avec Hachem – c'est-à-dire : essayer de faire Sa volonté le plus souvent que nous le pouvons – nous aidera de deux façons à commettre moins de fautes. Avant tout, si nous prenons sur nous de suivre une mitswa particulière – ou d'améliorer la façon dont nous la faisons – nous aurons accompli une grande chose dans ce domaine spécifique.

Cependant, il existe également un avantage indirect à cette résolution : c'est celui de diminuer le nombre de fautes involontaires qu'il nous arrive de commettre. Même si le plus souvent, nous ne parvenons pas à saisir la raison de ces fautes, nous savons qu'elle se trouve dans un comportement fautif de notre part. En ayant décidé de devenir une meilleure personne et de nous rapprocher d'Hachem, nous minimisons les occasions où le Ciel sera justifié de nous rappeler à l'ordre.

Puisse notre récitation des Séli'hoth nous ouvrir la porte céleste et celle de la Compassion divine. Amen !

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