Les prières des Séli'hoth (2)


(Ceci est le 2ième article de notre série à propos de Séli'hoth. Pour lire le 1er article, cliquez ici.)

Chaque année – au début du mois d'éloul – les juifs d'origine séfarade prennent le train, tandis que leurs compatriotes d'origine achkénaze restent sur le quai de gare. De fait, dès le lendemain du premier jour d'éloul, les séfarades commencent à réciter les prières des Séli'hoth, tandis que les achkénazes attendent seulement la semaine qui précède Roch Hachana (le jour de l'an juif) pour commencer leur récitation.

Un repentir national

La raison pour laquelle les séfarades commencent au début du mois d'éloul est que la période entre cette date et le jour de Yom Kippour correspond aux quarante jours que Moché Rabbénou passa au sommet du Mont Sinaï afin d'y recevoir les deuxièmes Tables de la Loi.

Moché était déjà monté une première fois sur le Mont Sinaï ; il y avait reçu les premières Tables de la Loi. Cependant, pendant son absence, le peuple avait fauté en faisant le veau d'or et Moché avait brisé les Tables qu'Hachem lui avait données.

En remontant, le leader du peuple juif devait obtenir le Pardon divin pour le comportement inadmissible des juifs. Certes, ceux-ci avait regretté leur geste et s'étaient repentis. Cependant, rien ne garantissait que ce repentir soit accepté du Ciel. Pour cela, il fallait que Moché prie abondamment et que le peuple se joigne à lui pour espérer que D-ieu puisse “effacer” leur faute.

Ces quarante jours de prières furent une période exceptionnelle pendant laquelle le peuple entier désira se coller à Hachem, s'inclure littéralement en le Créateur. C'est pour se remémorer ce sentiment de dévéqouth (d'attachement) que les séfarades commencent à réciter les Séli'hoth quarante jours avant Yom Kippour, le jour où Moché Rabbénou redescendit du Mont Sinaï avec les nouvelles Tables de Loi.

À sa vue, le peuple comprit que son repentir avait été accepté. De la même manière, nous espérons que le nôtre soit accepté le jour du Grand Pardon.

Une nouvelle Création

Les achkénazes suivent une autre logique. Selon eux, la date importante est celle du 25ième jour du mois d'éloul, jour où le monde fut créé (selon Rabbi Eliezer). Lorsque D-ieu créa le monde, le doute n'avait pas sa place : chaque créature était la preuve concrète de la Puissance divine et le monde entier ne partageait qu'un seul but : louer la gloire du Seigneur.

Même si cette situation ne dura pas longtemps – le péché d'Adam y mettant fin après seulement six jours – elle représente un état de perfection inégalé dans l'émouna (la foi). C'est pour se lier à cet état spirituel exceptionnel que les achkénazes commencent à réciter les Séli'hoth une semaine avant Roch Hachana.

Cependant, même si les achkénazes commencent à réciter les Séli'hoth vers la fin du mois d'éloul, ils ne commencent pas toujours leur récitation le 25 de ce mois ; plutôt, ils commencent invariablement à réciter les Séli'hoth à motsé Chabath (la fin de Chabath). Pour en expliquer la raison, il nous faut connaître le second critère que les achkénazes prennent en considération.

Le jour du Chabath est le jour le plus saint de la semaine. Ce jour-là, chaque juif s'arrête de travailler et dévoue sa journée au service de D-ieu. Le Chabath, nous prions plus longtemps que d'habitude, nous étudions la Tora plus qu'à l'accoutumée, nous mangeons mieux que les autres jours de la semaine… Nous faisons tout cela pour rendre gloire à Hachem, notre Créateur.

C'est parce que le jour du Chabath nous consacrons plus de temps au spirituel – et moins au matériel – qu'il est bon de commencer la récitation des Séli'hoth ce jour-là. Le Chabath fut le point culminant de la Création ; à ce titre, il ressemble au 25ième jour du mois d'éloul qui est le premier critère sur lequel se base les achkénazes pour commencer la récitation des Séli'hoth.


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