Bnei Noa'h : quelques mitswoth (1)


« Nous entendrons et nous ferons. » (Chabath 88a)

Dans cet exposé, nous essaierons d'expliquer l'importance de la réalisation spirituelle et son effet sur la personnalité de chaque individu. Nous expliquerons également la raison pour laquelle sentir en son cœur la réalisation spirituelle n'est pas suffisant et que ce sentiment doit être accompagné d'actions concrètes.

Lorsque penser ne suffit pas

Tous ces concepts ont été expliqués dans la Tora et ils ont été compris comme des idées relativement simples par de nombreux intellectuels de différents horizons. Cela fut notamment le cas de Soren Kirkgegard (« Le juif : qui est-il et qu'est-il ?») qui a écrit :

« Une croyance qui n'aboutit pas à une réalisation particulière et sur un changement quelconque est une fausse croyance. Le plus grand croyant – en lequel réside sa croyance avec un grand enthousiasme – mais qui n'affiche aucun signe de changement dans sa vie prouve que sa croyance est seulement l'imagination de son esprit. L'influence et la prise de conscience d'une croyance en une personne dépendent de la façon dont elle conduit ses affaires quotidiennes et s'arrange pour contrôler ses désirs, d'arrêter de faire le mal et les actions qu'elle entreprend pour atteindre ces objectifs.»

Les philosophes grecs ne croyaient sans doute pas en une religion au sens pratique du terme, mais ils croyaient tout de même que la perfection humaine est possible à atteindre en reconnaissant et étudiant l'importance de la vérité. Ces philosophes aussi étaient persuadés qu'une personne doit remplir certaines actions et poser certains gestes qui lui enseigneraient la perfection spirituelle. Dans son Kouzari, Rabbi Yéhouda HaLevi écrit (Article A, partie A) :

« Cherchez la vérité à propos des choses que vous désirez savoir afin de permettre à votre cerveau d'agir, plutôt que d'être influencé. Exprimez-vous d'une façon directe et marquée par le sceau de la vérité. Ceci vous aidera à chercher et à trouver la vérité. De la sorte, vous deviendrez moins exigeants, acquerrez plus de modestie et accumulerez des traits de caractère positifs.»

Les préceptes (Mitswoth) liés aux prières

Les mitswoth liées aux prières sont réalisées grâce au cœur, tel qu'il est écrit (Ta'anith 2) : «'Vous aimerez l'Éternel, votre D-ieu, Le servant de tout votre cœur' (Deutéronome 11:13). Que signifie 'servir de tout son cœur' ? Prier.» Cependant, prier seulement dans son cœur n'est pas suffisant. Si une personne pense à certaines choses en son cœur mais qu'elle ne prononce aucun mot avec ses lèvres, elle n'a pas rempli le commandement qui est décrit dans la Guémara Berakhoth 20 : «Les pensées ne sont pas équivalentes aux paroles.»

Le repentir

Les préceptes liés au repentir sont également liés au cœur. Cependant, « une personne qui se repent doit se confesser avec sa bouche en disant à voie haute ce qu'elle a décidé de faire en son cœur.» (Rambam, Repentir, ch. 2)

Propriété

Lorsque la propriété d'un bien est transférée, l'aspect le plus important de la transaction est que le propriétaire originel accepte en son cœur ce transfert. Cependant, ceci ne possède pas d'aspect légal aussi longtemps qu'une action concrète de transfert n'est pas exécutée. Cette action peut prendre la forme d'une signature apposée sur un document ou transférer le bien des mains du l'ancien propriétaire à celles du nouveau ou encore à un transfert de propriété qui respecte la loi juive (halakha). (Ceci inclut une action qui est acceptée comme transfert valide de propriété par la société où la transaction a lieu.)

Mariage

Si deux parties sont d'accord pour se marier, cela n'est pas suffisant pour que leur union soit officielle et pour qu'elles puissent vivre une vie de famille. Une action légale doit également être réalisée pour que cet arrangement acquiert un caractère officiel.


Rabbi Yoël Schwartz (Tribunal de Jérusalem pour Bnei Noa'h)