Attendre... sans attendre


La patience n'est pas toujours facile à vivre. Une envie soudaine, un désir prenant... nous voulons souvent tout de suite ce qui nous manque. Pourtant, le domaine dans lequel la patience est sans doute le plus difficile à atteindre est celui de la prière.

Prier... sans fin

Nous comprenons que le Créateur ne réponde pas toujours immédiatement à nos demandes. Nous essayons de relativiser cette attente en nous disant qu'Il est certainement occupé ailleurs, que D-ieu ne peut pas répondre au moindre claquement de doigt... Pourtant, si l'attente se fait un peu trop longue, nous commençons à nous questionner : « Le Maître du monde entend-t-Il mes prières ?» ; « Qu'ai-je fait pour ne pas être entendu ?» ; « En fin de compte, Hachem ne m'aime peut-être pas ! »

Toutes ces questions sont envoyées à notre cerveau par le mauvais penchant pour une seule raison : nous faire douter, nous énerver et un jour ou l'autre, nous faire arrêter de prier le Créateur. Si nous ne parvenons pas à définir l'origine de ces interrogations indues, nous ouvrons la porte grande ouverte aux forces de la mort et nous leur laissons le droit de gérer notre vie. On comprend sans mal que cela est la pire des choses qui puisse nous arriver.

En réalité, notre problème est que nous ne sommes pas réglés sur la même horloge du temps que D-ieu. Si une heure peut nous sembler longue, elle est seulement un fraction d'un millième de seconde pour Lui. En d'autres termes, la patience que le Maître du monde attend de nous est beaucoup plus facile à atteindre si nous adoptons Sa pendule plutôt que la nôtre.

Je suis le premier à admettre que ceci n'est pas facile. Nous sommes tellement absorbés dans ce monde qu'il relève de l'exploit de s'en détacher ! Cependant, les efforts que nous faisons en ce sens méritent d'être faits car leur récompense est immense : la sérénité revient à l'esprit, les courses folles après les futilités modernes nous semblent réellement vaines et même ce que nous désirons ardemment et que nous pensons devoir être approuvé par les sphères célestes (un travail, un conjoint, la santé...) perd son pouvoir de nous stresser si nous devons attendre avant de l'obtenir.

D'où savons-nous qu'Hachem possède une définition du temps différente de la nôtre ? De Son avertissement à propos de notre obligation de suivre Ses commandements. De fait, il est dit : « Quand vous aurez engendré des enfants, puis des petits-enfants, et que vous aurez vieilli sur cette terre (...) vous ferez ce qui déplaît à l'Éternel, votre D-ieu, (...) vous disparaîtrez rapidement de ce pays (...)» (Deutéronome 4:25-26)

Cet avertissement a été formulé avant que les enfants d’Israël entrent en Eretz Israël. Par la suite, ce sont 852 années qui se sont écoulées avant qu'Hachem les expulsent de la Terre sainte. Ainsi, la Menace divine de « disparaître rapidement » de notre terre nous permit tout de même d'y vivre 852 années ! Pour D-ieu, cette durée est l'équivalent d'une fraction de seconde pour nous. (Sanhédrin 38a)

Bien sûr, savoir cela ne nous change pas fondamentalement. Nous sommes des êtres humains et nous le resterons, même si nous savons qu'au Ciel, le temps prend une autre dimension. Pourtant, lorsque nous sentirons la pression monter en nous et que nous commencerons à penser que cela fait suffisamment de temps que nous prions pour une chose en particulier, nous ferons bien de nous souvenir de cette leçon.

Dans tous les cas, l'impatience et l'énervement sont des obstacles à nos prières. Prier avec émouna (foi), c'est être certain que chacun de nos mots est entendu et que nos prières possèdent réellement la force de changer la face du monde.