Pas de désespoir !


Rabbi Na'hman de Breslev a crié maintes fois – il y a déjà deux siècles – que le désespoir n'est pas de ce monde. De nos jours, c'est chaque minute de notre vie que nous entendons ce cri.

Être joyeux, malgré tout

Le Rabbi a dit qu'il est interdit pour une personne d'abandonner, même si cela lui semble la solution la plus facile devant ses difficultés du jour. Un mari qui se sent incapable d'aider sa femme et ses enfants à la maison ne doit pas abandonner ; plutôt, il doit essayer de toujours faire de son mieux, un jour de plus, encore un autre jour... Dans le cas inverse, il abandonne ses efforts et parvient rapidement à la conclusion suivante : « Je suis un incapable ! » Cela l'amène très rapidement au désespoir. C'est exactement ce qu'il faut éviter.

Au-delà de nos erreurs, de nos incapacités et des nombreuses choses que nous ne comprenons pas, nous devons tous les jours essayer de faire notre mieux, poursuivre nos efforts, même s'il peut nous sembler que nous faisons la même erreur pour la millième fois. Quelle est l'autre alternative ? Le désespoir ? Que D-ieu nous garde !

Ce qu'il faut – en plus de poursuivre nos efforts – c'est se tourner vers Hachem. Au Maître du monde, nous pouvons demander toute l'aide que nous désirons et qui nous fait tant défaut de la part de nos contemporains ! Ouvrons notre cœur et crions notre impuissance à bien faire, notre anéantissement face à nos nombreux défauts, le nombre incalculable de nos bêtises... « Des profondeurs de l'abîme, je T'invoque, ô Éternel ! » (Psaumes 130:1)

Une des difficultés à laquelle nous faisons face est de nous persuader que les paroles de Rabbi Na'hman s'appliquent à nous : à notre situation, en ce jour et en cet endroit. De fait, même si nous avons entendu ces Paroles saintes – que le désespoir n'est pas de ce monde – nous préférons souvent les ignorer. La raison est que le désespoir offre un confort évident : nous ne devons plus faire d'efforts, nous pouvons dormir toute la journée en nous lamentant sur notre sort, nous pouvons rester avec tous nos défauts et accuser le monde entier d'une injustice grave à notre égard...

Voici le secret pour servir D-ieu dans la joie et le bonheur : la simplicité absolue. Cela nous semble tellement impossible de danser et d'être joyeux chaque jour de l'année ! Serions-nous aussi formidable pour réaliser une telle chose ? Certes, le mauvais penchant ne désire pas que nous le croyions.

Pourtant, la personne qui sert Hachem en toute teminouth ne prête guère attention aux attaques incessantes des forces du mal : son conjoint peut lui mener la vie dure, ses enfants être terribles, son patron la menacer de la licencier... Tous ces facteurs ne sont que les obstacles habituels que le mauvais penchant utilise pour nous faire vaciller et entrer dans une situation de véritable danger de mort : le stress, l'angoisse et le désespoir.

Ceci doit être aussi clair qu'une règle élémentaire de l'alimentation juive selon laquelle les aliments qui ne sont pas kachers sont absolument interdits. De fait, la tristesse est interdite d'une façon toute aussi catégorique. Il est même possible de penser qu'être triste est plus grave que d'avoir consommé un aliment treif (non kacher). La personne qui a mangé un aliment qui lui est interdit peut se repentir sincèrement si elle le désire. Cependant, la personne qui est entrée dans la tristesse rend sa remontée bien plus difficile : c'est au Yetser Hara' (au mauvais penchant) qu'elle a donné les clés du pouvoir et celui-ci ne les rendra pas facilement !

D'autre part, la temimouth nous permet de comprendre le danger et la folie qu'est la tristesse. En d'autres termes, la simplicité nous autorise à graver en notre cœur les paroles du Rabbi. Grâce à elles, nous sautons à pieds joints dans la vie : la nôtre et celle des défis qu'elle inclut. Affronter ces difficultés avec joie et émouna (la foi) nous fait entrer dans le monde de la spiritualité : celui du rapprochement avec D-ieu. Heureuse la personne qui le comprend !