Faire les bons choix


Nous savons qu'Hachem dirige le monde, mais nous avons souvent de la difficulté à accepter qu'Il dirige également notre vie. Cela s'explique facilement : aussi longtemps que le Créateur est occupé avec les affaires de la planète, nous pensons pouvoir continuer à suivre les nôtres sans rendre de compte à personne. Pourtant, la réalité est autre et c'est chaque minute de notre existence qui dépend de la Volonté divine.

Nous ne sommes pas au volant

Les indications envoyées par le Ciel peuvent être comparées à l'action d'un arbitre sur un terrain de football. Celui-ci peut faire un rappel à l'ordre amical ou il peut attribuer plus sévèrement un carton jaune ou même rouge. Je laisse de côté les cartons pour m'intéresser aujourd'hui aux avertissements moins sévères que nous recevons très souvent, sans comprendre toujours leur nature spécifique.

Les avertissements célestes ne sont pas toujours une réponse à un comportement hors la loi. Bien sûr, une personne qui a pris quelque liberté avec les halakhoth peut s'attendre un jour ou l'autre à recevoir un signal évident de la part de D-ieu. Cependant, nous pouvons être remis à notre place, tandis que nous ne faisions rien de si terrible. Dans ces cas, le Ciel nous laisse savoir que nous avions tout de même mieux à faire. Afin de comprendre réellement ce sujet, un exemple peut être utile.

Cette histoire est celle de Robert. Cet employé de banque est particulièrement heureux : il se prépare à passer son après-midi à étudier la Guémara ! Cela faisait tellement longtemps qu'il en avait envie. Les semaines et les mois passaient et il devait se contenter de son cours du soir : une heure d'étude en groupe à la synagogue de son quartier. Certes, Robert était déjà heureux de pouvoir étudier aussi souvent, mais ce qu'il désirait était de pouvoir se concentrer un après-midi entier sur le texte riche de la Guémara qu'il avait appris depuis plusieurs semaines.

Cet après-midi là, tout semblait devoir se dérouler à la perfection : son patron lui avait demandé de rester à la maison car il attendait moins de clients que d'habitude ; d'autre part sa femme et ses enfants avaient prévu de partir à la plage... jusqu'en début de soirée. Robert était excité comme un enfant qui attend sa récompense ! Une des raisons de son plaisir était qu'il savait qu'il faisait quelque chose qu'Hachem approuve. Existe-t-il une occupation plus importante pour l'âme juive que la prière ou l'étude de la Tora ?

Pourtant, l'avertissement fut sifflé au moment du coup d'envoi de l'après-midi : la femme de Robert fut prise soudainement d'un mal au ventre qui exigeait qu'elle resta allongée. Certes, rien n'était grave, mais dans son état, il était hors de question qu'elle puisse amener ses enfants à la plage. En quelques secondes, l'après-midi de Robert avait changé de nature et il faisait maintenant face à un choix difficile : informer ses enfants que la baignade était annulée ou... les amener lui-même au bord de la mer et oublier la Guémara.

Ce sont dans ces instants que nous entendons l'avertissement du Ciel, ou que nous nous entêtons à faire la sourde oreille. Faire la sourde oreille signifie deux possibilités : une pas très bonne et une franchement mauvaise. Dans le premier cas, ne pas faire le meilleur choix signifierait pour Robert d'amener ses enfants à la plage... en ayant le cœur lourd. L'affront serait double : 1) envers ses enfants qui verraient leur père ne pas avoir du plaisir à passer du temps avec eux et 2) envers D-ieu à qui Robert ferait comprendre que Ses décisions ne sont pas les meilleures, que D-ieu nous préserve.

L'autre alternative est encore plus mauvaise : Robert refuserait de comprendre le signal céleste et annulerait l'après-midi à la plage... pour aller étudier tranquillement la Guémara. Dans ce cas, il s'agit d'un exemple – parmi de nombreux autres – où le mauvais penchant revêt ses vêtements de mitswa. De fait, sous l'aspect d'une mitswa, le Yetser Hara' ferait faire une mauvaise chose à Robert.

Ainsi va la vie juive : c'est le Créateur qui décide le chemin que nous devons suivre et nous devons avoir le cœur rempli de joie de posséder un tel guide.