Manger pour aimer


Il existe une multitude de façon pour dire à sa femme qu'on l'aime. De fait, un mari doit faire son possible pour que son épouse sache qu'elle est aimée, réellement et du fond du cœur de la part son époux. Je suis le premier à reconnaître que ceci est plus facile à dire qu'à faire !

Un régime d'amour

L'histoire est surprenante, mais véridique. Le quotidien possède une richesse infinie d'exemples qui nous permettent de nous inspirer et d'apprendre le chemin qu'il nous reste à faire avant d'être satisfait de nous-mêmes.

Daniel a décidé de maigrir. Selon lui, ses quelques kilos de trop sont une insulte à sa volonté de rester jeune et son tour de taille lui rappelle chaque jour qu'il est bien loin le temps de ses vingt ans. Ainsi, c'est chargé d'une volonté de fer que David a commencé un régime alimentaire de bonne augure : le beurre, le sucre et l'alcool sont devenus rapidement bannis de sa table et son regard est dirigé vers un seul objet : sa balance. En fonction de la direction prise par son aiguille son humeur évolue pour le meilleur... ou pour le pire.

La résolution de Daniel est belle à voir, mais il a oublié un facteur crucial dans sa logique : sa femme. À sa grande surprise, celle qui partage sa vie depuis tant d'années ne voit pas d'un bon œil l'instauration d'un régime qui pourrait transformer en quelques semaines son mari en une baguette minceur. C'est précisément à cet instant que Daniel peut prouver qu'il est un bon mari.

La femme de Daniel possède de bonnes raisons pour ne pas être enchantée par ce régime. Sans doute son mari n'apprécie-t-il plus comme avant ses bons petits plats. Autrement, comment pourrait-il penser se retenir devant les ragoûts, les quiches et les gâteaux dont elle le régale régulièrement ? En fait, la femme de Daniel est arrivée à la conclusion que cette idée de régime est sa faute. Sans le dire à voix haute, elle s'en veut de ne plus pouvoir faire plaisir à son mari.

Mis dans cette situation, Daniel doit faire un choix. Le premier – et le moins bon – est d'insister à faire son régime. Lui-même ne possède-t-il pas de bonnes raisons pour vouloir perdre un peu de poids ? Est-ce sa faute si sa femme n'est pas convaincue par ses explications honnêtes ? Daniel a raison : il a tous les droits de faire son régime. Pourtant, s'il le faisait, il aurait tort ! Se satisfaire aux dépends de sa femme n'est jamais très judicieux, y compris dans les cas où l'on possède de bonnes raisons pour penser que notre femme ne devrait pas se sentir concernée par nos décisions.

La deuxième solution consiste pour Daniel à expliquer à sa femme qu'il l'aime tellement, qu'il abandonne son idée de régime. En d'autres termes, il fait abnégation de lui. A priori, cette attitude est grande, mais en fait, elle ne l'est pas. Certes, elle permet d'afficher une satisfaction apparente : celle de suivre la volonté de sa femme. Pourtant, elle est loin de l'idéal. Pour Daniel, mieux vaut ne pas faire son régime que d'insister à perdre ses kilos, mais faire comprendre à sa femme qu'elle passe avant lui n'est pas la meilleure preuve d'amour.

Le mari idéal fera quelque chose d'inattendu : par amour pour sa femme, sa façon de raisonner va se modifier. S'il avait pensé au début que maigrir lui ferait plaisir, découvrir que cela pourrait chagriner sa femme lui fait tout simplement abandonner son idée. De plus, savoir que sa femme accorde définitivement de l'importance à le voir apprécier ses petits plats lui fait prendre conscience d'une grande chose : le plaisir de sa femme devient le sien et chaque bouchée de vol-au-vent l'envahit d'un plaisir plus grand que s'il avait fait son régime !

Incroyable : par amour, Daniel pense comme sa femme ! Non seulement l'attitude de sa conjointe ne s'oppose pas à sa volonté, mais cette dernière épouse les idées de sa femme. Au classement mondial des meilleurs maris, Daniel arrive en tête. Cela lui a pris beaucoup de temps, mais les années d'entraînement (c'est-à-dire de mariage) n'ont pas été vaines.

Si les maris qui me lisent ont l'impression d'être extrêmement éloignés du numéro un mondial et d'évoluer en deuxième ou même en troisième division, qu'ils ne s'inquiètent pas : je partage leur sort ! De plus, il ne faut pas oublier qu'avant d'être le numéro un mondial, Daniel était également un piètre mari. C'est sa volonté de progresser qui lui a fait grimper les échelons. Allez ! Un peu de courage : relevons nos manches et allons nous enquérir des pensées de notre femme. Nous saurons ainsi quoi penser...