Lire les Téhilim (Psaumes) 6:7

Lire les Téhilim (Psaumes) 6:7

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“Je me suis exténué en gémissements ; chaque nuit je baigne mon lit [de larmes] ; de mes pleurs j'inonde ma couche.” (Psaumes 6:7)

Le Roi David est l'exemple parfait de la personne qui a fait téchouva (qui s'est repentie). Un aspect essentiel de la téchouva est le regret qu'une personne ressent après avoir fauté. En son absence, la téchouva est incomplète et possède peu de chance de durer longtemps.

Regretter, pour de bon...

Si le regret est un point crucial de la téchouva, c'est que lui seul permet de se rendre compte que nous prenons à cœur les fautes que nous avons faites. Prendre la décision de ne plus transgresser la Volonté divine est une chose, ne plus vouloir réellement la transgresser en est une autre. Dans le premier cas, des facteurs externes ont pu nous influencer : peur de la punition, d'être aperçu... Dans le second cas, nous éprouvons de la peine d'avoir trompé et déçu le Créateur.

Cela peut être comparé à un mari qui rentre chez lui en disant à sa femme qu'il est désolé d'être en retard et de n'avoir pas pu passer la soirée avec elle. Cependant, à la vue de son comportement, la femme ne met pas beaucoup de temps à s'apercevoir que les regrets de son mari sont seulement verbaux. De fait, celui-ci ne semble pas particulièrement affecté par son retard, ni la peine qu'il a causée à sa femme.

Cependant, si un mari rentre chez lui en retard et en étant véritablement peiné d'avoir raté son rendez-vous avec sa femme, celle-ci sera sans doute la première à l'excuser. Si le retard ne s'explique pas par la mauvaise volonté du mari, sa femme comprendra que des circonstances exceptionnelles – plus fortes que son époux – sont la cause de ce retard. De plus, à la vue de la peine ressentie par son mari, elle lui pardonnera ce qui en définitive, est tout simplement un accident de parcours.

Avons-nous souvent gémi en pensant à nos fautes ? Ressentons-nous à l'occasion un sentiment de honte lorsque nous nous écartons de la sorte du droit chemin de la Sainteté ? Pour quelle raison la perte de quelques centaines d'euros possède plus de force pour nous faire couler des larmes ? En définitive : ne sommes-nous pas plus attaché à l'aspect matériel de la vie qu'à son aspect spirituel ? Si la lecture des Psaumes ne devait nous servir qu'à une seule chose, cela devrait être d'éveiller notre cœur à la téchouva. Quel plaisir donnerions-nous alors à Hachem et à David !

Il existe un autre signe d'une téchouva véritable : les larmes qui coulent sans forcer sur nos joues. Les regrets mêlés de larmes sont sans doute le signe le plus élevé de notre rapprochement avec le Divin. Que ce rapprochement face suite à une faute et qu'il ait besoin de nos regrets est un des mystères de notre relation avec Hachem. Si nos fautes ont le pouvoir de nous éloigner énormément du Maître du monde, elles peuvent également nous en rapprocher d'une façon formidable.

Bien sûr, bien folle est la personne qui faute en pensant qu'elle se rapprochera ensuite de D-ieu, grâce à la téchouva. Dans ce cas, cette personne oublie un autre facteur essentiel de la téchouva : c'est du Ciel qu'il est décidé si notre téchouva est acceptée ou pas. D-ieu connaissant les pensées qui résident en notre cœur, il nous sera difficile de Lui faire accepter une faute que nous avons commise d'une façon volontaire ! Plutôt, c'est rempli de honte que nous devons nous présenter devant le Créateur et pleurer nos écarts misérables. Alors, nous pourrons nous rapprocher comme nous l'avons jamais été auparavant.

Gémir, pleurer, regretter... la téchouva n'est pas toujours facile à atteindre. Cependant, la personne qui désire réparer ses fautes n'a besoin que d'une chose : prier D-ieu pour qu'Il l'aide à faire téchouva et à changer son cœur de pierre en un cœur de chair. Grâce à celui-ci, il lui deviendra plus facile de sentir véritablement son éloignement spirituel... et de vouloir changer profondément sa situation peu envieuse.

À suivre...