Le miqvé me manque !


(Cet article a été écrit par l'actrice américaine Mayim Bialik )

J'ai été élevée sans apprendre un mot à propos du miqvé , le bain rituel dans lequel les femmes juives religieuses entrent avant leur mariage et chaque mois après la fin de leur cycle menstruel. Lorsque j'ai commencé à entendre parler du miqvé, j'étais adolescente; cela me semblait il avait l'air dégoûtant. Il me semblait que dans un miqvé, les femmes étaient traitées d'une façon horrible et cela me donnait l'impression que selon le judaïsme, j'étais « sale .» En d'autres termes : l'idée du miqvé n'a eue alors aucun attrait pour moi.

Au fils des années, j'ai commencé à apprendre dans un cente juif : le UCLA Hillel. Dans ce centre, j'ai appris qu'il y avait un groupe de femmes qui considéraient le miqvé comme une expérience transformatrice et mystique. Ses femmes – après un divorce ou un traitement médical à cause du cancer ou une fausse couche ou un avortement – entraient dans les eaux sacrées du miqvé afin de revivifier et de « recommencer » leur vie. Elle ne faisaient pas référence aux aspects halakhiques; plutôt, elles faisaient un nouveau monde du miqvé qui était ouvert à toutes les femmes. Je pensais alors que cela était superbe.

Au fur et à mesure que j'avançais dans mon respect des lois juives et dans les mois qui ont précédé mon mariage, j'ai étudié avec les préparations au mariage selon le judaïsme avec une enseignante professeur et j'ai appris que le miqvé n'était pas une punition ou un jugement de l'état de « malpropreté » de la femme. Il s'agissait plutôt d'une affirmation de la pureté spirituelle et la possibilité de croître en spiritualité et que cela pourrait être un stimulant et une expérience spéciale de s'engager mensuellement à ce rituel. D'autre part, il existe un intérêt indéniable aux halakhoth (lois juives) selon lesquelles une femme ne peut pas s'engager dans une activité sexuelle pendant les jours de son cycle menstruel ainsi que la semaine suivante. Comme je l'ai déjà écrit, j'ai adopté le miqvé et les halakhoth qui y sont liées avec un grand respect et appréciation.

Cela rend d'autant plus compliqué qu'en tant que femme divorcée, je ne vais plus maintenant au miqvé. Dans le mesure où l'idée pour y aller était principalement la réglementation de mon cycle menstruel et mon ovulation, je n'ai plus besoin du miqvé. Je suppose que pour certaines raisons, c'est également le miqvé qui n'a pas besoin de moi !

Languir du miqvé

Je m'ennuie du miqvé. Je m'ennuie des rythmes de celui-ci et la façon dont il marque la perte d'un œuf par la femme et le potentiel pour créer la vie quand j'essayais d'être enceinte et la façon dont il marquait les phases de mon cycle, même pendant les périodes où je ne voulais pas être enceinte. Ça me manque.

Pour quelle raison, pourriez-vous me demandez, je ne vais pas en ce moment au miqvé ? Si certaines femmes « progressistes » marquent les événements importants de leur cycle de vie, pour quelle raison n'irais-je pas au miqvé pour marquer la fin de mon mariage ? (Vous pouvez également noter le récent débat à propos de savoir si les jeunes femmes célibataires sexuellement actives devraient ou pas être autorisées à utiliser les miqvés orthodoxes. Après tout, dans le monde orthodoxe, les miqvés sont réservés aux femmes mariées ; mais que faire si une jeune femme d'une famille religieuse veut y aller ? C'est délicat.)

Je ne suis pas une personne qui respecte d'une façon parfaite les lois juives, mais mon respect de ces lois a beaucoup évolué depuis mon divorce et je continuerai à évoluer dans ce domaine. Cependant, je m'identifie comme une personne halakhique. J'aime l'organisation et la structure des miqvés orthodoxes. Il est important pour moi d'honorer et de respecter cela. Je ne me sentirais pas à l'aise si je devais m’immerger dans un miqvé orthodoxe en tant que femme divorcée. Et je ne sais pas comment je me sentirais dans un miqvé qui n'a pas été conçu à ces fins.

Je ne me lasserai jamais d'écrire à propos de la complexité de la tension dans nos vies en tant que Juifs : respect de la tradition, être liés à elle, se sentir pris au piège par elle, se sentir dépassés par elle. Dans un monde parfait, j'aurais pu faire beaucoup de choses différentes. Mais je ne suis pas D-ieu et je ne veux pas changer les règles juste parce qu'elles me rendent mal à l'aise. Je veux lutter dans les limites de ma compréhension et de mon dévouement.

Je n'ai pas de fille. Je ne connaîtrai jamais les joies d'amener ma fille au miqvé avant son mariage, la façon dont ma mère l'a fait avec moi. Et je ne sais pas si mes fils épouseront une femme qui voudra aller au miqvé. S'ils le font, j'espère qu'elles laisseront leur future belle-mère venir avec elles et à s'asseoir dans la salle d'attente.

Si cela arrive, je pleurerais probablement en me souvenant de la façon dont j'avais frotté ma propre peau avant mon mariage, inspecté chaque centimètre de mon corps pour tout ce qui pourrait me séparer de mon Créateur dans les eaux qui ont le pouvoir de me faire naître de nouveau; me tremper dans le miqvé dans l'attente d'être aimée et désirée lorsque je suis le plus vulnérable et la plus pure.

Et j'espère que lorsque mes futures belle-filles se sècheront en sortant des eaux, elles pardonneront les larmes humides de cette vieille femme que je serai alors. Elles devront se sécher à nouveau, des eaux de regret et de tristesse et de pure perte que seule une femme qui n'a pas été au miqvé depuis des décennies peut faire couler.

Mayim Bialik

Traduit de l'anglais et reproduit avec l'autorisation de Kveller.com