L'indispensable joie


Thierry et Pierre possèdent de nombreux points communs : ils ont commencé le même emploi, le même jour et dans le même bureau. Pourtant, en quelques jours, leurs différences ont fait surface et au fil du temps, elles ont rendu les deux amis très différents l'un de l'autre.

Penser positif !

Dès le premier jour, Thierry a travaillé dans la joie. Selon lui, les raisons de se satisfaire étaient nombreuses : après avoir passé plusieurs mois à chercher un emploi, l'offre qui lui avait été faite l'avait ravi. De plus, le salaire qu'on lui proposait n'était sans doute pas très élevé, mais il possédait un avantage indéniable : celui de pouvoir progresser rapidement en cas de succès. Ainsi, c'est un revenu conséquent que Thierry espérait pouvoir atteindre en peu de temps.

L'ambiance au bureau était agréable. Comme cela se produit dans tous les endroits, certaines personnes étaient aimables, tandis que d'autres vous glaçaient du regard. Dès le début de son emploi, Thierry avait pris la décision d'ignorer les secondes et de sympathiser – autant que possible – avec les premières. Pour quoi s'embêter avec des individus qui ne désirent pas vous connaître ?

L'attitude entreprenante et positive de Thierry lui avait rapidement attiré les faveurs de tout le monde : ses collègues de travail le recevaient toujours avec le sourire, le responsable du service lui parlait régulièrement avec un ton plaisant et même le chef d'entreprise l'avait étonné : de fait, c'est à Thierry qu'il avait proposé une promotion importante, même si celui-ci ne travaillait pas depuis très longtemps dans l'entreprise.

En moins de temps qu'il l'avait imaginé, Thierry avait acquis une connaissance substantielle dans son domaine et il était devenu une personne à laquelle on s'adresse souvent pour avoir son avis. Une seule année avait passé depuis son entrée dans l'entreprise et Thierry avait fait de son lieu de travail sa deuxième famille. Ses camarades le lui rendaient bien, eux qui pensaient toujours à lui faire plaisir, chaque fois que l'occasion se présentait.

Pendant ce temps, Pierre râlait. Lui aussi avait passé un certain temps au chômage, mais il avait pensé qu'il méritait mieux que ce petit emploi sans prétention. C'est réellement le cœur serré qu'il s'était résolu à accepter cette offre d'emploi : son découvert bancaire et les reproches de sa femme avaient été les éléments essentiels pour lui faire accepter ce poste !

Ce qui énervait particulièrement Pierre était l'ambiance qui régnait au sein de l'entreprise : chaque personne semblait dépourvue d'une grande intelligence et chacune vaquait à ses occupations, sans se préoccuper du bien-être de son voisin. Cet égoïsme exaspérait Pierre, lui qui venait d'une famille si chaleureuse.

Également, Pierre avait remarqué le peu d'amabilité à son égard de la part de ses collègues de travail. Plus les tâches devenaient nombreuses et complexes – et plus il avait besoin de conseils – plus les employés semblaient éviter sa compagnie ! Prenant cela à cœur, celui-ci s'était vexé et il n'adressait presque plus la parole à ses collègues. En peu de temps, l'ambiance au bureau était devenue glaciale.

Lorsque nous servons Hachem, nous devons choisir si nous désirons ressembler à Thierry ou à Pierre.

Si nous abordons notre Service divin dans la bonne humeur, nous avancerons à grands pas et nous trouverons nos tâches agréables à effectuer. Également, notre étude sera facilité et notre connaissance nouvellement acquise sera une raison supplémentaire de se réjouir. En fin de compte, nous progresserons rapidement et nous vivrons avec le sentiment précieux de nous rapprocher un peu plus chaque jour du Créateur. Quel plaisir !

Cependant, si nous servons D-ieu avec l'âme en peine, chaque obligation nous paraîtra pesante et difficile à effectuer. Les autres personnes (de notre synagogue, de notre communauté...) ne sembleront pas pouvoir nous être d'une utilité quelconque pour faire entrer le bonheur en notre cœur. Les jours et les années passeront en faisant grandir en nous un sentiment amer : celui de ne pas appartenir au groupe dans lequel nous évoluons. Sans toujours le savoir, les personnes qui empruntent ce chemin sont dans une situation dangereuse et la destination finale de ce chemin met leur vie en danger, vraiment.

La joie en servant Hachem n'est pas une nouveauté du 20ième siècle. Selon la Guémara, les prophètes eux-mêmes n'auraient jamais pu l'être s'ils n'avaient pas été joyeux ! Être joyeux en priant, en étudiant nos Livres saints – en d'autres termes : en étant juif – est indispensable à notre survie dans ce monde moderne. Regardez autour de vous : quelle force contagieuse possèdent les personnes joyeuses de notre entourage ! En même temps, que ne ferions-nous pas pour nous éloigner de celles qui ont l'air triste.

Voici un sujet de prière pour la vie : demander au Maître du monde de nous faire connaître la joie, la véritable. Cette joie est celle qui nous donne des ailes et nous donne envie de nous envoler dans le ciel afin de nous rapprocher d'Hachem. « Maître du monde ! Aide-moi à vivre cette joie, même qu'une minute dans ma vie ! Que ne donnerais-je pas pour la sentir en mon cœur ! »