Sommeil spirituel (5)


Nous avons parlé précédemment de l'importance de trouver un minimum d'aspects positifs (néqoudoth tovoth) en nous, peu importe ce que nous avons fait précédemment. C'est seulement en agissant de la sorte que nous pouvons nous sauver du sommeil spirituel qui nous plonge dans les bras des forces de la mort.

Ceci correspond au verset (Psaumes 57:9) : « Réveille-toi, ô mon âme ; réveillez-vous, ô luth et harpe : je veux réveiller l'aurore. » Ceci signifie que chaque personne doit se réveiller de son sommeil et de ses chutes spirituels. Grâce à ce réveil, il lui devient possible de trouver des néqoudoth tovoth (des aspects positifs) en elle. Cela correspond à « je veux réveiller l'aurore (Cha'HaR) » ; de fait, la néqouda tova correspond à l'aurore (Cha'HaR) et à (Cantique des Cantiques 1:5) : « Je suis noircie (Ché'HoRa) , ô filles de Jérusalem, gracieuses pourtant. »

Parce que cette néqouda est mélangée avec de nombreux résidus et imperfections dont chaque personne est la cause, il semble à la personne qu'elle est « noircie. » En réalité, la néqouda tova est absorbée par la noirceur et devient invisible, qu'à D-ieu ne plaise. Cependant, lorsque la personne se juge d'une façon favorable, qu'elle se réveille et qu'elle trouve en elle la néqouda tova que nous avons mentionnée précédemment, elle s'exclame : « Je suis noircie... (mais) gracieuse pourtant » ; « ne me regardez (donc) pas avec dédain parce que je suis noirâtre. » (ib. 1:6)

Nous devons nous souvenir de ceci : la néqouda tova qui se trouve en chacun d'entre nous – même parmi les voyous d'Israël – est extrêmement belle et admirable. Trop souvent, la noirceur recouvre cette néqouda tova. Mais si la personne se réveille, elle peut déclarer à voix haute : « Je suis noircie... (mais) gracieuse pourtant » ; « ne me regardez (donc) pas avec dédain parce que je suis noirâtre. »

Le pardon suite à la faute

Ce que nous venons d'expliquer correspond à ce qui est écrit dans le Midrach (Exode 49:2) à propos du même verset : « 'Je suis noircie' après avoir fait le veau d'or, mais je suis 'gracieuse pourtant', parce que j'ai fait le Tabernacle. » C'est-à-dire : même s'il se trouve en moi de nombreux péchés qui m'éloignent d'Hachem, « je suis gracieuse pourtant », grâce au peu de bien que j'ai trouvé en moi.

De fait, immédiatement après l'épisode du veau d'or, Hachem ordonna aux enfants d'Israël de construire le Tabernacle. C'est grâce à ce nouveau commandement que le Créateur put se réconcilier avec le peuple juif. L'intervention de Moché fut également essentielle, lui qui offrit sa personne afin d'obtenir le Pardon divin et qui pria pour le pardon d'Israël. Cela fut possible car Moché était capable de trouver un aspect positif, même parmi les personnes les plus basses du peuple.

C'est cela qui permit à Moché de prier pour eux, même s'ils avaient commis une terrible faute en faisant le veau d'or. Malgré tout, il fut capable de trouver un eux la néqouda tova. C'est à leur propos que Moché s'exclama (Exode 32:11) : « Pourquoi D-ieu, Ton courroux menace-t-il Ton peuple que Tu as tiré du pays d'Égypte ? »

Parce qu'il avait trouvé la néqouda tova en les enfants d'Israël, Moché rejeta entièrement le mauvais qui résidait également en eux. C'est pour cela qu'il put s'adresser à Hachem en ces termes : « Pourquoi D-ieu, Ton courroux menace-t-il Ton peuple ? » L'intention de Moché était la suivante : en prenant en considération le plus petit aspect de bien qui résidait en le peuple d'Israël, il devenait possible de ne prêter aucune importance au mal qu'on pouvait également y trouver.

C'est suite à l'action de Moché que le Créateur se réconcilia avec Son peuple : D-ieu put se réconforter malgré le mal qu'Il trouvait en Ses créatures. Il est intéressant de noter que presque immédiatement après cette réconciliation, Hachem enseigna à Moché l'ordre des prières et les treize attributs de la Compassion divine. De la sorte, D-ieu nous donna un moyen assuré de nous rapprocher de Lui, même après les pires fautes. 

À suivre...

(Traduit et adapté du Liqouté Halakhoth de Rabbi Nathan de Breslev, Ora'h 'Haïm, Hilkhoth Hachkama Haboqer, Halakha 1:3)