S'inspirer soi-même


Nous avons tout à gagner à fréquenter des personnes qui se situent à un niveau supérieur au nôtre. Qu'il s'agisse de leur étude des Textes saints, de leur façon de prier ou de se comporter dans la vie quotidienne, ces exemples vivants peuvent nous aider à nous élever spirituellement.

Une source d'inspiration toujours disponible

Cela nous est certainement arrivé : tandis que nous prions, nos pensées s'égarent et notre esprit s'éloigne grandement de l'endroit physique où se trouve notre corps. En un clin d'œil, nous apercevons la personne qui prie à nos côtés avec une grande concentration. À sa vue, nous rassemblons nos idées et essayons de faire notre possible pour améliorer notre propre façon de prier. Souvent, cela fonctionne à merveille !

Lorsque nous cherchons l'inspiration chez les autres, il ne s'agit pas de copier leur façon de faire : chaque personne est différente et à chacune appartient un chemin spécifique et unique pour se rapprocher du Divin. Plutôt, en constatant la différence apparente entre nous et l'Autre, nous trouvons une motivation nouvelle pour redoubler nos efforts et atteindre (ou retrouver) un niveau qui était au-dessus de nous une seconde auparavant.

Même si nous n'y pensons pas souvent, il existe une autre source d'inspiration que nous pouvons utiliser à loisir. Cette source présente l'avantage d'être constamment à nos côtés et de ne jamais refuser son aide : nous-mêmes ! S'utiliser pour s'inspirer est simple ; pour y parvenir, il suffit de faire usage de ce qui nous distingue du monde animal : la parole.

De fait, les mots que nous prononçons peuvent devenir une véritable source d'inspiration. Ainsi, en nous adressant au Créateur et en Lui dressant la liste de nos requêtes et nos demandes, nous pouvons à tout instant nous écrier par la suite : « Pauvre de moi ! » En agissant de la sorte, nous prenons conscience de notre existence et nous pouvons réfléchir à notre situation.

« Où suis-je ? » ; « Quelle est la personne qui s'écrie de la sorte ? » ; « Ce 'Pauvre de moi !' n'est-il pas sorti pas de ma propre bouche ? » Ces réflexions peuvent nous amener à redoubler d'énergie et à nous exclamer avec encore plus de force : « Pauvre de moi ! Moi, réellement ! » C'est notre voix qui nous aura alors permis de nous réveiller d'une façon encore plus certaine de notre véritable sommeil spirituel.

Cela ne signifie pas que nos premiers cris manquaient de sincérité. De fait, nous pleurions honnêtement à propos de notre éloignement d'avec le Divin. Cependant, entendre notre propre voix nous a mis en face d'une personne qui pleurait son envie de rapprochement : nous-mêmes ! Devant ce spectacle émouvant, nous avons pris la mesure de l'urgence de la situation ; qui ne dépenserait pas tous ses efforts pour venir en aide à un pauvre âme juive ?

Parler à Hachem – chaque jour et en notre langue maternelle – est le meilleur service que nous pouvons nous rendre. Lors de ce Dialogue saint, rien ne sert de mentir ou de prétendre. Le Maître du monde ne connaitrait-Il pas le fond de nos pensées ? Ainsi, marqué de la plus grande franchise, ce dialogue devient une invitation à nous distancer des petitesses de ce monde et à rencontrer une dimension nouvelle de notre vie : la céleste.

Qu'elles sont belles les paroles du juif lorsqu'il pleure à propos de son éloignement ! Qu'elles sont sublimes les lettres qui composent ces chants d'un autre type ! Que ne donnerions-nous pas afin de pouvoir prolonger sans fin cet échange vrai !

« Maître du monde ! Ne m'abandonne pas ! Fais renaître en moi l'Étincelle sainte que Tu as placée en mon cœur. Aide-moi à atteindre la richesse éternelle : celle de mon rapprochement vers Toi et de la découverte du sens véritable de la vie. »

(Adapté du Liqouté Moharan de Rabbi Na'hman de Breslev, I:270)