Manger le jour de Chabath



Manger le jour du Chabath entre dans une catégorie spécifique et entièrement différente des repas que nous consommons les jours de la semaine.

Chaque jour, nous prenons nos repas en fonction de deux critères : 1) notre faim et 2) notre gourmandise. Si nous avons faim, il est naturel que nous pensions à nous mettre à table. De même, si nous savons que nous ne pourrons pas manger pendant les heures qui suivent (examen médical, voyage…), nous pouvons remplir à loisir notre estomac plus qu'à l'accoutumée en prévision de ces heures difficiles à passer.

Une véritable guerre

Également, la vue d''un aliment qui nous tente nous porte à vouloir le consommer, peu importe si nous avons faim ou pas. Le désir de manger est un des attributs le plus difficile à combattre. La gourmandise n'est pas seulement un vilain défaut, elle nous sépare du Divin, un peu à l'image d'une vache qui broute et qui ne se soucie que de son ventre. Pauvre de nous !

Dans ce cas, comment faisons-nous pour ne pas sombrer de détresse les jours de semaine, où notre panse est maintes fois plus importante que notre tête ? En nous disant que nous mangeons kacher, que nous bénissons le Maître du monde avant et après manger… Ceci est une grande source de réconfort et il ne faut certainement pas se priver d'en faire usage. Certains ont même l'habitude de louer l'Éternel en poussant quelques vers bien chantés extraits des Psaumes ou de leur cœur. Heureux sont-ils !

Cependant, le Chabath, l'affaire est différente. La sainteté inhérente du septième jour de la semaine ne saurait se contenter d'une vache en habit du samedi ! Nous devons nous efforcer de mieux faire, même si cela n'est pas facile.

Tout d'abord, il faut savoir que manger le Chabath ne doit servir que ce jour saint… et pas nous. Ainsi, si nous devons augmenter la qualité et la diversité de la nourriture qui est mise sur la table, cela n'est certainement pas pour manger plus, mais pour honorer le jour le plus saint de la semaine, en mangeant différents mets de qualité. À nous de picorer au lieu de nous goinfrer.

Ensuite, nous devons avoir à l'esprit que le Chabath s'honore de différentes façons dont une est de manger différemment qu'en semaine. C'est pour cela qu'il est bon de ne pas se jeter sur les plats qui nous font envie… et de risquer de ne pas avoir d'appétit au repas suivant. Le Chabath, nous devons manger trois repas et il est bien de les aborder avec un appétit adéquat.

Enfin, le Chabath, nous devons nous efforcer – encore plus que les jours de semaine – à manger dans une ambiance sereine, propice à la sainteté. Les parents doivent choisir de ne pas éduquer leurs enfants à propos de leurs manières à table : laissons cela aux jours de semaine. Les discussions doivent nous rapprocher de D-ieu : les derniers résultats du championnat de football n'y aident pas. Etc.

Avec un peu d'effort et en demandant l'aide du Ciel, nous pouvons transformer notre table de Chabath en véritable autel. Alors, les chants se feront encore plus beaux et plus nombreux.