Manger... juste ce qu'il faut !


Chaque événement qui fait notre quotidien possède deux aspects. Le premier est son aspect matériel, il s'agit du plus simple des deux. Le second est lié à sa dimension spirituelle ; c'est celui-ci qui nous permet de découvrir le sens profond des choses et faits qui nous entourent.

Une cause, deux effets

Nous sommes familiers avec l'aspect matériel de notre environnement. Ainsi, nous savons tous que si nous mettons un glaçon au soleil, il fondra. Également, il ne nous viendra jamais à l'idée de mettre une main dans le feu : nous connaissons déjà les conséquences d'un tel acte ! Cependant, pour toute chose existe également une dimension supérieure qui la lie à sa source véritable.

Citons un exemple de la vie quotidienne : à la suite d'un repas copieux, nous savons très bien qu'il nous est difficile de rester éveillé toute l'après-midi. La panse bien pleine n'est pas la meilleure amie pour garder l'œil vif et l'esprit alerte. Sans que nous en connaissions réellement la raison, nous avons tous testés les conséquences d'un copieux repas d'affaires ou entre amis qui fut suivi... d'une sieste devenue soudainement incontournable.

Dans la leçon 257 du Liqouté Moharan, Rabbi Na'hman de Breslev nous dévoile les raisons cachées de cette conséquence aux aspects anodins. Commençons par traduire l'extrait qui nous intéresse, avant de le commenter brièvement.

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« Lorsqu'une personne mange plus qu'il lui faut, la nourriture ingurgitée en trop lui est nuisible. La raison en est que chaque chose possède une racine de laquelle elle tire son vitalité. Par exemple : les herbes tirent leur vitalité de la personne qui les prend pour en faire des médicaments. Également, les aliments reçoivent leur vitalité de la personne qui les consomme et qui en reçoit elle-même de la vigueur. C'est véritablement de cela que les aliments reçoivent leur vitalité.»

« Cependant, lorsqu'une personne mange plus que ce qu'elle devrait, l'excès de nourriture n'a personne de qui elle pourrait recevoir sa vitalité : l'individu qui la consomme n'a pas réellement besoin d'elle ! Cela équivaut à une personne qui met des aliments dans un récipient : ceux-ci ne recevront certainement pas de vitalité en étant placés dans cet endroit !»

« Par conséquent, la nourriture ingurgitée en surplus cherche désespérément une source de vitalité pour elle-même. C'est alors qu'elle trouve à sa portée la vitalité de la personne qui l'a avalée. C'est cela qui cause un tort à la personne. Dans cette situation, ce sont tous les aliments qu'a avalés cette personne [i.e. même ceux qui l'ont été à juste titre] qui se joignent aux premiers et qui lui causent un tort encore plus grand. » (Liqouté Moharan, Rabbi Na'hman, I:257)

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Nous connaissons maintenant la raison profonde de la sieste incontournable après un repas copieux. Le surplus d'aliments que nous avons avalés par pure gourmandise n'étaient pas destinés à nous donner l'énergie dont nous avons besoin pour vivre. Ce sont donc eux qui attaquent la nôtre afin de ne pas être entièrement lésés. Sous les coups de cette attaque en règle, nos forces faiblissent, nos paupières se ferment et le sommeil nous emporte.

Voici une raison supplémentaire de ne pas dépasser la mesure lorsque nous sommes à table : laissons la nourriture destinée aux autres leur parvenir. C'est à ces personnes qu'elle doit fournir l'énergie dont elles ont besoin et c'est pour être consommée par elles qu'elle se trouve en ce monde. Dans ces conditions, avoir la fourchette légère revient à respecter l'ordre céleste que le Créateur a mis en place. Nos repas sont chargés d'une responsabilité qui nous dépasse.

Je souhaite à tous les lecteurs un bon appétit : celui qui est bon pour eux et uniquement pour eux !