La place des femmes dans le judaïsme (3)


« David-Yits'haq, j'aime bien lire vos articles, même si je ne suis pas très proche de D-ieu. Les choses seraient différentes si la place que tient la femme au sein du judaïsme l'était également. Je ne comprends pas la raison pour laquelle je ne peux pas faire ce qu'il me plait, simplement parce que je suis une femme. » (Anonyme, France)

Dans un article précédent, j'ai expliqué les raisons pour lesquelles contrairement aux idées reçues, les femmes n'évoluent pas réellement libres dans notre monde. Dans un autre article, j'ai expliqué pourquoi les entraves apparentes à la liberté des femmes au sein du judaïsme n'en sont pas vraiment. Dans l'article de conclusion d'aujourd'hui, je fais référence à un concept primordial dans notre relation avec Hachem : l'humilité.

Non, rien de rien, je ne mérite rien...

Même si chacun d'entre nous possède son amour propre, nous savons que dans les situations cruciales, nous devons l'oublier. Bien sûr, il ne s'agit en aucun d'être humilié, mais plus simplement de reconnaître que dans certains cas, la personne qui se trouve en face de nous possède un savoir que nous ne possédons pas et que nous aurions tort de vouloir mettre notre grain de sable dans son raisonnement.

Nous faisons preuve le plus souvent d'une grande patience et d'une grande confiance en notre docteur. De fait, peu importe si le traitement qu'il nous indique est désagréable ou même douloureux, qu'à D-ieu ne plaise : nous le prenons sans poser de question. Également, peu importe si notre garagiste nous demande 500, 1 000 ou même 2 000 euros pour réparer notre véhicule. S'il détient notre confiance, nous rédigeons le chèque sans rechigner. Pour autant, qu'en est-il de la confiance que nous plaçons en Hachem ?

Une femme peut s'être allégée d'une somme considérable d'argent – en suivant les conseils d'un chirurgien – mais lorsqu'il s'agit de se couvrir la tête, son amour propre revient à la surface. Une autre surveille avec inquiétude toute l'année sa balance afin de ne pas prendre un kilo de trop – tout cela pour rester parmi les secrétaires les plus élégantes de son service – mais elle refuse pourtant de fermer le col de son chemisier pour être habillée d'une façon modeste ! Je pourrais citer de nombre autres exemples.

La réalité n'est pas que la place de la femme au sein du judaïsme est limitée. Notre vie est faite de limites imposées par la vie quotidienne (au travail, dans les relations sociales, dans le domaine de la santé...) sans que nous nous plainions outre mesure. Nous acceptons ces limites car nous comprenons leurs aspect incontournable et admettons que les refuser serait insensé.

Si nous agissons d'une façon différente dans notre relation avec D-ieu, c'est que notre intelligence a de la difficulté à y voir d'une façon aussi claire et que notre éloignement d'avec le Divin instille le doute en nous à propos du bien fondé des demandes célestes. Pourtant, si nous faisions preuve d'abnégation – à l'image de ce que nous faisons devant notre médecin, notre garagiste... – nous comprendrions bien mieux la situation et nous serions les premiers à vouloir avancer à une allure encore plus soutenue vers la Sainteté.

Ceci est la différence entre les mondes physique et spirituel : nous accordons notre confiance au premier après en avoir reçu un minimum de lumière (de compréhension), tandis que nous devons faire confiance au second, avant d'en recevoir une lueur. Tandis que nous nous considérons comme le centre du premier, le second s'ouvrira à nous lorsque nous nous oublierons, même qu'un peu.

Nous pouvons penser que D-ieu ne mérite pas toute notre attention. Nous pouvons croire que les trésors dont recèle ce monde représentent une fin en soi. Ceci dépend de notre libre-arbitre : nous pouvons mener la vie du monde matériel – dont la particularité essentielle est de se terminer totalement avec la mort – ou celle que le Créateur nous propose et qui est éternelle. Nous possédons chaque minute que nous vivons ici-bas pour y penser et choisir le chemin que nous voulons emprunter. Lorsque le coup de sifflet final aura retentit, nous aurons intérêt à avoir fait le bon choix car alors, rien ne pourra plus changer.

Fin.