Bnei Noa'h : manger de la viande ? (1)


Les personnes qui ne sont pas juives possèdent aucune limite à propos des aliments qu'elles peuvent consommer, à l'exception de celle-ci : elles ne peuvent pas consommer la chair vivante d'un animal ou la chair (ou le sang) d'un être humain. De plus, selon certaines autorités religieuses, un Ben Noa'h ne peut pas consommer la chair d'un animal mort, sauf si celui-ci a été abattu afin de consommer la viande.

Ceci sont les points principaux de la halakha (loi juive) en ce qui concerne l'abattage des animaux en vue de leur consommation : la loi exige que l'animal soit abattu en lui tranchant la trachée-artère et l'artère carotide en un seul coup. C'est cette façon d'abattre l'animal qui lui cause le minimum de souffrance. L'animal doit être réellement mort – avec ses systèmes musculaire et nerveux libérés de la tension naturelle qui suit la mort – avant de pouvoir être consommé. Ses poumons doivent être vérifiés afin de déterminer si l'animal était atteint d'une maladie particulière qui lui aurait été fatale, selon les directives acceptées de la halakha.

Quels animaux consommer ?

Les Bnei Noa'h peuvent consommer tous les animaux qu'ils désirent. Même s'il existe une différence – même pour les personnes qui ne sont pas juives – entre les animaux kachers et ce qui ne le sont pas, ceci concerne principalement la façon dont les animaux doivent être abattus, plutôt que la consommation elle-même.

Pour quelle raison les Bnei Noa'h ont-ils le droit de consommer toutes les sortes d'animaux, alors que ceux-ci étaient interdits à Adam ?

Il est écrit (Béréchith 9:3) : « Tout ce qui se meut, tout ce qui vit, servira à votre nourriture, de même que les végétaux, Je vous livre tout. »

« Tout ce qui se meut » inclut les bovins, les bêtes sauvages, les oiseaux et même les poissons de mer. Tous ces animaux sont appelés « espèces vivantes qui se meuvent » (Ramban). La consommation de la viande – qui fut interdite à Adam – fut autorisée à Noa'h (Noé) pour les deux raisons suivantes :

A) C'est uniquement pour satisfaire les besoins de Noa'h qu'Hachem sauva les animaux lors du déluge. Même s'ils devaient être effacés de la terre (« J'effacerai l'homme que J'ai créé de dessus la face de la terre ; depuis l'homme, jusqu'à l'animal. » (id. 6:7)), D-ieu les épargna en fin de compte.

B) Noa'h prit soin des animaux tandis qu'ils étaient dans l'arche, lors du déluge. À propos de Noa'h, il est dit (Psaumes 128:2) : « Le produit de ton travail, tu le mangeras... » De la sorte, Noa'h acquit certains droits à leurs égards (Or Ha'Haïm). D'autre part, il est écrit : « [Hachem dit :] Ils furent sauver dans une arche que tu t'efforças de construire (c'est-à-dire ; ils furent sauvés grâce à vous) ; par conséquent, ils t'appartiennent et tu peux en disposer à ta guise, comme tu le fais déjà avec les produits des champs » (Békhor Chor, 'Hizqouni ).

Également : « De même que les végétaux, Je vous livre tout. » C'est-à-dire : « Même si J'avais autorisé Adam à consommer seulement les végétaux – mais pas la viande – Je te donne le même droit qu'il possédait sur les végétaux pour toutes les choses » (Rachi ).

Selon le Rav Ba'hya et le 'Hizqouni, la comparaison avec les végétaux mérite notre attention.

De fait, pour ne pas nous faire croire qu'absolument tout est permis à l'homme, D-ieu formula Son autorisation en la comparant aux végétaux. Ainsi, de la même façon que certaines végétaux sont bénéfiques à l'homme, d'autres ne peuvent pas être consommés car ils lui seraient nuisibles ; de plus, certains sont même toxiques et vénéneux. Il en va de même avec les animaux et les oiseaux : certains sont autorisés par la Tora, tandis que d'autres sont interdits (consulter le commentaire de 'Havel dans son édition à propos du Rav Ba'hya).

Ceci explique la raison pour laquelle il est important qu'en dépit de l'autorisation générale qui fut accordée à Noa'h de consommer la viande, les Bnei Noa'h ne consomment pas de la viande qui a été prise d'animaux vivants et que les personnes juives consomment seulement certaines espèces qui ont été abattues selon la halakha.

Selon le commentateur Malbim, il est logique est souhaitable pour une forme inférieure de vie d'être consommée et absorbée par une forme supérieure de vie. Par conséquent, les animaux mangent les plantes et les élèvent de la sorte. D'autre part, les êtres humains consomment les animaux et se faisant, ils les élèvent spirituellement en les faisant devenir une partie intégrante de l'homme.

Rav Yoël Schwartz, chelita, (Av Beith Din de Jérusalem pour Bnei Noa'h)